Le lancement du projet «Hongkong-Shanghai Stock Connect» est remis à plus tard

Les bourses chinoises ont entamé la journée de lundi dans le rouge. Outre des interrogations sur la croissance du pays, elles font les frais de propos tenus, ce week-end, par Charles Li, le patron de la bourse de Hongkong, au sujet du projet de lien entre les places financières de Shanghai et Hongkong.

Ce «Hongkong-Shanghai Stock Connect» a été évoqué, pour la première fois, en avril dernier. Il était censé se concrétiser dans les six mois, ce qui explique que les investisseurs aient considéré octobre comme une date butoir à son sujet. Or, Charles Li a fait passer le message qu’à ce stade, il n’était pas en mesure de communiquer une date au sujet du lancement de ce dispositif qui doit permettre à des investisseurs situés sur l’un des deux territoires d’acheter et de vendre des titres cotés sur la bourse de l’autre. Il a toutefois précisé que les travaux étaient à un stade avancé, et qu’il ne faisait aucun doute que ce projet se concrétiserait.

Malgré tout, cela constitue une déception pour le marché, car de très fortes anticipations entourent le «Stock Connect», dans la mesure où il représente la brèche la plus évidente dans le compte de capital chinois. Il doit ainsi permettre, pour les investisseurs étrangers, un accès à la bourse chinoise beaucoup plus simple que les très rigides – et limités – dispositifs en place jusqu’à présent. En ajoutant qu’il ne faisait pas partie de ceux qui décideraient de la date de lancement, Charles Li fait passer le message que la question est politique.

Au moins deux raisons peuvent expliquer que Pékin temporise sur ce dossier. La première est relative aux manifestations des démocrates hongkongais, qui horripilent le pouvoir chinois. Une frange des milieux d’affaires hongkongais redoute que les troubles politiques de la ville pénalisent sa croissance économique. Pékin, en prenant son temps, accrédite cette hypothèse et accentue la pression sur les démocrates.

L’autre raison tient à la philosophie même du projet, qui consiste à ouvrir plus grand les portes du marché chinois aux capitaux étrangers. Bien qu’il ait promis une libéralisation progressive au plan financier, le pouvoir chinois a bien du mal à accélérer sur ce front, car il a pris l’habitude d’un contrôle absolu en la matière.

Le Vietnam tente d’accélérer son programme de privatisations

Les autorités vietnamiennes vont créer un groupe de travail afin d’accélérer les privatisations de groupes d’Etat, selon l’agence Bloomberg. Le gouvernement peine en effet à concrétiser ses promesses sur ce front.

Il avait fixé l’objectif de 200 privatisations d’ici à la fin de l’année mais n’affiche, pour l’heure, que 71 mises en vente partielles de groupes d’Etat. Parmi celles-ci, 36 ont mené des processus d’introduction en bourse, mais aucune n’est encore cotée.

Hanoi comptait sur ce mouvement de privatisation pour dynamiser l’économie – qui progresse actuellement sur un rythme annuel de 5,6% – en même temps qu’il souhaitait y trouver un moyen de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. A l’évidence, les résistances sont nombreuses, et le choc des cultures violent, pour des sociétés qui n’ont pas l’habitude du marché, ni de mener des discussions avec des investisseurs potentiels.

Le marché de l’emploi chinois tient le choc

On connaît enfin la raison pour laquelle Pékin garde son calme, malgré un ralentissement économique prononcé: plus que le PIB, les autorités chinoises ont les yeux rivés sur le taux de chômage. Or, d’après des chiffres officiels qui viennent d’être publiés, mais qui semblent confirmés par les études indépendantes, le marché de l’emploi se porte bien. Au cours des neuf premiers mois de l’année, 10,82 millions d’emplois ont été créés en Chine, soit 160 000 de plus que l’année dernière.

Pékin s’est fixé l’objectif de 10 millions de créations d’emploi cette année et a donc toutes les chances d’y parvenir. Les autorités ont résisté, jusqu’à présent, à la tentation d’un plan de relance puissant, malgré une conjoncture qui ralentit (le PIB n’a crû que de 7,3% au troisième trimestre, sa plus mauvaise performance depuis début 2009).

Li Keqiang, le premier ministre, répète que l’objectif d’une croissance de 7,5% n’est plus, désormais, qu’un ordre de grandeur, et insiste sur la composante sociale de l’équation chinoise. A ce stade, elle reste sous contrôle.