Le processus d'intégration est en marche pour fusionner Batigroup et Zschokke, avant le lancement d'Implenia. Les deux leaders suisses de la construction ont pour la dernière fois présenté séparément lundi à Zurich leur chiffre d'affaires annuel, en progression de 5,6% pour Zschokke et de 0,3% pour Batigroup.

Implenia, nom donné au nouveau groupe, sera détenu à 65% par Zschokke et à 35% par Batigroup. La fusion nécessite l'aval des autorités et des actionnaires. D'une part, la Commission de la concurrence a annoncé le 20 décembre qu'elle entamait un examen approfondi de la fusion. Elle devrait rendre ses conclusions le 20 avril au plus tard. «Si on analyse notre fusion dans le détail, il n'y a pas de raison de s'inquiéter», estime Anton Affentranger, futur président d'Implenia. D'autre part, les actionnaires de Zschokke et de Batigroup voteront le 2 mars lors de leur assemblée générale respective. En cas d'accord pour la fusion, le 3 mars constituera la dernière date de cotation des deux groupes. Dès le 6 mars, les titres Implenia s'échangeront à la Bourse suisse.

Cette opération aura lieu durant les travaux d'intégration. Commencés fin 2005, ils dureront deux ans. Les coûts de la transformation s'élèvent à quelque 45 millions de francs. Quant aux économies envisagées grâce à des synergies, elles sont estimées à 20 millions de francs. Moins de 10% des effectifs totaux devraient être supprimés, notamment via des départs naturels. «Actuellement, entre 150 et 200 collaborateurs sont répartis entre les différentes divisions des deux groupes, soit l'entreprise générale, la construction, l'immobilier et les finances. La construction, division la plus importante d'Implenia, constitue notre plus grand chantier. Pour notre réorganisation, nous sommes épaulés par Cap Gemini», précise Anton Affentranger.

Marges élevées

Pour se développer, Implenia comptera notamment sur Reuss, société lucernoise spécialisée dans l'ingénierie, la planification, la technique du bâtiment et l'optimisation de sites. Zschokke l'a acquise fin décembre pour un montant non divulgué. «Avec Reuss, nous visons l'Europe de l'Est, la France, l'Allemagne et l'Autriche. La gestion intelligente de sites commerciaux constitue notre priorité (ndlr.: Reuss compte parmi ses clients Migros et Coop). Cela comprend par exemple l'optimisation de l'utilisation énergétique dans les grandes surfaces, une activité de haute technologie qui rapporte des marges substantielles», explique Anton Affentranger. La fusion devrait permettre à Implenia de réaliser un chiffre d'affaires de 2,7 milliards de francs avec 6500 collaborateurs.