Transport maritime

La marine marchande suisse va engloutir 215 millions de francs

La Confédération doit débourser des crédits supplémentaires pour couvrir les pertes du secteur maritime

La marine marchande fait perdre des centaines de millions de francs à la Confédération. Le Conseil fédéral réclame au parlement 215 millions de plus pour le budget 2017. Il s’agit de couvrir le cautionnement de treize navires (neuf cargos et quatre tankers) des compagnies SCL et SCT qui vont être vendus à un acheteur non identifié.

«La navigation maritime traverse une grave crise sur le plan mondial», explique l’administration fédérale dans un communiqué. Berne dit travailler depuis l’été 2015 pour limiter les dommages encourus par la Confédération en raison de ces cautionnements.

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Depuis 1959, la Suisse octroie des garanties aux armateurs pour disposer de navires de haute mer pouvant être affectés à l’approvisionnement économique du pays en cas de crise. Les cautionnements octroyés totalisent quelque 770 millions de francs.

Mais depuis la crise financière de 2008, le transport maritime mondial est plongé dans un profond marasme dû à des surcapacités. Les tarifs du fret océanique sont au plus bas. Plusieurs grandes compagnies ont fait faillite, dont le coréen Hanjin. De petites compagnies suisses sont aussi touchées.

Pas de «solution viable»

«Malgré les mesures d’assainissement prescrites par la Confédération, la compagnie maritime [le groupe SCL et SCT, ndlr] n’a pas réussi, à l’automne 2016, à finaliser une solution viable avec l’aide d’investisseurs, ni à trouver un acheteur, écrit le Département fédéral de l’économie. La vente des navires avec, à la clé, des pertes importantes pour la Confédération […] s’est progressivement imposée comme la seule issue possible.»

De plus, un navire vendu par SCL à un investisseur en 2011 ne peut plus être exploité de manière rentable. Une solution se profile pour ce bateau, mais elle entraînera des pertes supplémentaires pour la Confédération.

Le nom de l’acheteur des navires suisses n’a pas été divulgué. Berne entend renoncer au cautionnement de navires à l'avenir en raison des risques financiers encourus, après avoir constaté des «faiblesses importantes» dans son dispositif.

La commission des finances du Conseil National a donné dans la journée son aval par 13 voix sans opposition mais 11 abstentions. Les parlementaires se sont demandés pourquoi le problème n'avait pas été décelé plus tôt et souhaitent que la gestion des risques de la Confédération soit améliorée.

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