A peine a-t-il terminé sa tournée des investisseurs aux Etats-Unis pour le compte de Nestlé, que le directeur général et financier du groupe veveysan, Mario Corti, s'en va. Il devient le nouveau président et délégué du conseil d'administration de SAir Group et prend également les responsabilités opérationnelles du groupe. Il quittera la multinationale le 5 avril après l'assemblée générale.

Le Tessinois a trouvé un défi à relever, lui dont on dit qu'il était à la recherche depuis un certain temps d'un poste de directeur général. Suite à la démission en bloc du conseil d'administration le 9 mars, il était le seul rescapé à être resté membre. Il reprend donc le flambeau, après cette cascade de démissions, tant au niveau des administrateurs que de la direction. Il succède ainsi à Eric Honegger qui se retirera à l'assemblée générale de SAirGroup du 25 avril, soit un an plus tôt que prévu. La nomination de «Super Mario», comme la presse suisse alémanique l'a surnommé, est perçue positivement par les marchés financiers, les analystes, les spécialistes, mais aussi par les syndicats et les comités des petits actionnaires.

Il reste toutefois un problème non résolu. Comme ses prédécesseurs, il cumule les fonctions. Mario Corti sera à la direction du groupe et à celle du conseil d'administration, un double mandat largement critiqué auparavant. SAirGroup a précisé dans son communiqué qu'aucun commentaire ne serait fait sur cette double nomination.

Outre la particularité du cumul de fonctions, d'ailleurs largement répandue dans l'économie suisse, la tâche de Mario Corti sera ardue. Sa mission est clairement de rendre transparents les comptes de SAirGroup, de définir une stratégie pour le groupe, notamment concernant l'avenir des compagnies dans lesquelles il détient des participations (Sabena, AOM/Air Liberté/Air Littoral, LTU, etc.). Des décisions sont déjà tombées pour la compagnie portugaise TAP et pour Turkish Airlines – avec laquelle le divorce semble être consommé. SAirGroup avait déjà annoncé début février qu'il renonçait à participer au processus de privatisation de la compagnie turque, tout en affirmant que cette dernière restait membre de Qualiflyer. Si elle n'est pas sortie officiellement du groupe, son directeur général pour la Suisse affirme qu'elle n'est déjà plus active au sein de l'alliance.

Autre priorité élevée pour Mario Corti: trouver un nouveau directeur pour la division SAirLines. Le journal belge Les Echos annonçait vendredi dans ses colonnes que Christoph Müller, actuel patron de Sabena, devrait reprendre ces fonctions. Il resterait toutefois CEO de la compagnie belge mais aurait pour le seconder un CEO – en la personne de John Lindekens, ancien vice-président de Sabena, responsable aujourd'hui du réseau Amérique du Nord. D'après le porte-parole de Sabena, Patrick Jeandrin, une décision devrait tomber dans le courant de la semaine prochaine.

Rebond en Bourse

Quoi qu'il en soit, le groupe helvétique devra aussi rapidement décider s'il entend démanteler tout ou en partie de Qualiflyer ou entrer dans quelque grande alliance. Les deux noms le plus souvent avancés sont OneWorld (British Airways et American Airlines) et Star Alliance (Lufthansa et United Airlines).

La nomination de Mario Corti a été saluée par la Bourse. L'action a clôturé en hausse, vendredi, de 7,66% à 193,25 francs dans un marché helvétique en forte baisse. Chez Nestlé, le poste laissé vacant par Mario Corti a déjà un candidat à la reprise. Wolfgang Reichenberger, 47 ans, CEO de Nestlé Japon, se présentera à la prochaine assemblée générale du 5 avril. Si le titre SAirGroup a redécollé, celui de Nestlé a baissé de 2% pour clôturer à 3411 francs. A Wolfgang Reichenberger de rassurer les investisseurs quand il reprendra les finances du groupe.