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Mario Draghi veut d’abord connaître les effets des précédentes actions de la BCE, avant d’en décider de nouvelles.
© Keystone/Arne Dedert

Zone euro

Mario Draghi appelle à la patience

La BCE a déçu le marché qui s’attendait à de nouvelles mesures. Selon elle, l’économie européenne est sur la bonne voie. Mais elle demande une évaluation de ses précédentes initiatives

La zone euro est-elle toujours en panne? Non. Selon Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE), elle est sur la bonne voie pour retrouver la santé. Les mesures initiées depuis deux ans commencent à porter des fruits. Le taux de croissance sera certes faible cette année, à 1,2%, mais en 2017 et en 2018, elle atteindra 1,6%.

Le taux d’inflation, indicateur par excellence de la stabilité des prix, sera insignifiant en 2016, à 0,2%. Mais dès l’an prochain, il sera proche de son objectif de 2%. Le volume de crédit aux entreprises et aux ménages augmente au fil des mois. Par ailleurs, et toujours selon Mario Draghi, la reprise se repose cette fois-ci sur le marché intérieur, et non sur des exportations comme dans le passé. A l’issue de la réunion des gouverneurs jeudi à Francfort, c’est donc un Mario Draghi optimiste qui a appelé à la patience.

En réalité, le président de la BCE a déçu les attentes des analystes qui s’attendaient à l’annonce d’initiatives pouvant donner une nouvelle impulsion à la zone euro. Positives depuis le début de la semaine, les places financières européennes ont terminé la journée de jeudi dans le rouge. L’attente se justifiait, après le Brexit, c’est-à-dire la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, qui a engendré de l’incertitude sur l’économie européenne.

Pas d’hélicoptère monétaire

Mais malgré la bonne orientation de la zone euro, le président de la BCE ne s’est pas montré triomphaliste. Au contraire. La mine grave face à la presse jeudi après-midi, il a d’abord réitéré la volonté de la BCE de poursuivre le programme d’assouplissement monétaire qui a démarré au début de 2015 et qui ira jusqu’en mars 2017, voir au-delà si nécessaire. Ensuite, il a annoncé la création des groupes de travail pour évaluer la performance de toutes les mesures prises. Ainsi, il n’en a pas exclu de peaufiner les mesures déjà prises ou de prendre de nouvelles initiatives.

Le président de la BCE n’a toutefois donné aucune indication sur le type de mesures envisageables. «Nous en avons une large palette à disposition et nous n’hésiterons pas à les utiliser en cas de besoin», a-t-il dit. Mario Draghi a toutefois affirmé que le rachat d’actions d’entreprises pour la BCE, comme l’ont suggéré plusieurs économistes, n’a pas été discuté par le conseil de gouverneurs. Celui-ci n’est non plus entré en matière sur la question de l'«helicopter money», une idée selon laquelle la BCE donnerait du cash aux ménages dans le but de donner un coup de fouet à la consommation.

La crainte du Sud de l’Europe

«Je m’attendais au minimum à ce que Mario Draghi annonce l’extension du programme d’assouplissement monétaire de six ou neuf mois», déclare Christopher Dembik, économiste en chef de la banque Saxo à Paris. Il met l’inaction sur le compte du suivisme de la BCE qui attend de voir les décisions de la Banque fédérale américaine qui se réunira les 20 et 21 septembre prochains. «C’est l’événement de la politique monétaire le plus important de ce mois», dit-il. «Les conditions sont réunies pour une hausse des taux et la décision américaine influencera les orientations de la BCE.»

Ensuite, pour l’économiste de la banque Saxo, l’indécision pourrait aussi s’expliquer par une dissension à l’intérieur de la BCE «Une école voudrait augmenter le montant du rachat d’obligations d’État actuellement limité à 80 milliards par mois, dit-il. L’Allemagne y serait opposée car une telle décision ouvrirait la voie au rachat des titres des pays du sud de l’Europe qui sont plus risqués.»

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