Conjoncture

Mario Draghi appelle à la vigilance

La Banque centrale européenne salue la résilience de la zone euro après le Brexit et se dit prête à élargir son programme d’assouplissement monétaire si nécessaire

Le Brexit n’a pas fait dérailler la croissance de la zone euro de sa trajectoire actuelle ou n’a pas affecté gravement le secteur financier. Telles sont les premières leçons tirées par la Banque centrale européenne (BCE) à la suite de la décision britannique de quitter l’Union européenne (UE).
«Nous aurons une vision plus complète de la situation ces prochains mois et, si la situation l’exige, nous prendrons toutes les décisions qui s’imposent», a déclaré son président, Mario Draghi, y jeudi à l’issue de la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs de la BCE.

Cette dernière a laissé ses taux directeurs inchangés à 0% afin de faciliter l’accès au crédit tant aux entreprises qu’aux ménages. Elle maintient aussi son programme d’acquisition d’actifs publics et privés à hauteur de 80 milliards d’euros par mois jusqu’en mars 2017, et au-delà si nécessaire. Mario Draghi a affirmé que la zone euro se trouve toujours sur une trajectoire de croissance modeste pour ces prochaines années, mais les risques d’un retournement de situation ne sont pas exclus.

Selon la BCE, le taux de croissance de la zone euro a été de 0,6% au premier trimestre 2016 par rapport à la même période en 2015. C’est le résultat d’un redressement de la demande intérieure, d’une hausse du pouvoir d’achat des ménages et d’une amélioration de la rentabilité des entreprises. Cette situation est aussi liée à la création d’emplois et aux bas prix du pétrole.

Mario Draghi a néanmoins affirmé que l’incertitude et la volatilité sont de mise après le vote sur le Brexit. «A l’avenir, la croissance dépendra non seulement du moment où les négociations entre l’UE et le Royaume-Uni débuteront, mais aussi de leurs résultats», a-t-il expliqué.
Le président de la BCE s’est appesanti sur le secteur financier qui a été secoué au lendemain du 23 juin, date du vote. Les bourses s’étaient effondrées.

«Mais elles ont fini par faire preuve d’une résilience encourageante, éloignant le spectre d’une nouvelle crise financière dans la zone euro, s’est félicité Mario Draghi. Une réglementation améliorée, une supervision renforcée et des provisions substantielles faites par les banques ces dernières années ainsi que les mesures préventives prises par les banques centrales ont évité toute nouvelle catastrophe.»

Le patron de la BCE a toutefois insisté: la vigilance reste de mise. Selon lui, il y a toujours un problème de confiance de la part des investisseurs dans la zone euro et dans ses banques. La preuve: des capitaux ont abandonné les places financières européennes de façon massive ces dernières semaines et se sont dirigés vers les pays émergents.

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