Son nom revient dans les journaux italiens comme une litanie. Et pour certains presque comme un talisman. Tandis que la Péninsule s’enfonce dans la crise financière et le délitement politique, Mario Monti fait presque l’unanimité quand on cherche à désigner un sauveur pour le pays. Pourtant, le professeur Monti ne promet pas des lendemains glorieux et une abondance facile. Mais le président de la prestigieuse université Bocconi de Milan, qui fut pendant dix ans commissaire européen pour la concurrence puis pour le marché unique, apparaît aujourd’hui comme un recours pour mettre en ordre les comptes du pays et exiger les sacrifices nécessaires pour alléger la dette.

A l’inverse des excès berlusconiens, son austérité fait office, aux yeux d’une bonne partie de l’électorat, de garantie de sérieux et de compétence. D’autant qu’au cours des dernières semaines, il n’a pas manqué d’employer des propos très durs à l’encontre du gouvernement et de stigmatiser ses retards dans l’adoption de réformes. Reprochant au Cavaliere de manquer de «vision stratégique de politique économique» et de mettre en péril la monnaie unique européenne, il a insisté: «Je crois qu’il est important que le président du Conseil se rende compte de certaines réalités désagréables.» Et d’inviter les soutiens de Silvio Berlusconi à «le presser afin qu’il épargne à l’Italie, si ce n’est la risée, au moins le blâme d’avoir provoqué un désastre».

Recevant toutes les forces politiques au palais du Quirinal, le président Giorgio Napolitano a fait savoir que «le pays pouvait compter sur un grand nombre de forces sociales et politiques conscientes de la nécessité d’une large perspective partagée». En clair, en cas de démission de Silvio Berlusconi, la route est ouverte pour Mario Monti dont la nomination rassurerait les partenaires européens de l’Italie et les marchés. L’intéressé, âgé de 68 ans, n’a pas exclu une telle solution. «Cela dépendra des circonstances», s’est-il laconiquement contenté d’indiquer.