Le Conseil fédéral et le secteur de la finance sont unanimes: il faut laisser aux acteurs la responsabilité de réussir le virage de la durabilité des services financiers. «Il y a certes des pressions politiques pour que l’Etat fixe un cadre réglementaire, mais cela ne doit se faire que si le marché ne fonctionne plus, en bonne application du principe de subsidiarité», a déclaré vendredi le chef du Département fédéral des finances (DFF), Ueli Maurer, dans le cadre de la présentation d’un rapport visant à rendre la place financière suisse plus durable. Sa démarche est appuyée par tous les acteurs majeurs du secteur, en particulier par le directeur de l’Association suisse d’assurances (ASA), Thomas Helbling, et par celui de l’Association suisse des banquiers (ASB), Jörg Gasser.

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«C’est une grande responsabilité, une occasion unique de démontrer que la Suisse, déjà leader dans le domaine, peut faire la différence et apporter la preuve que son engagement ne se limite pas à des paroles, mais comprend aussi des actes», commente Jörg Gasser. «Si le Conseil fédéral et la politique la soutiennent, la branche jouera ce rôle de leader. La coopération entre tous les acteurs constitue le levier central. Mais il y a du pain sur la planche et beaucoup de questions restent ouvertes», reprend-il.

Détecter les cas d’écoblanchiment

Pour Mark Branson, directeur de l’Autorité de surveillance des marchés financiers (Finma), l’accent doit être mis sur l’évaluation et la gestion des risques financiers liés à l’environnement et au réchauffement climatique. Il demande que des méthodes de mesure soient mises au point afin que les risques financiers puissent être identifiés dans la plus grande transparence.

«Le changement climatique recèle des risques physiques. Lorsqu’il provoque des catastrophes naturelles, cela génère des coûts élevés, et c’est un défi pour les entreprises d’assurances. Les établissements financiers peuvent aussi être concernés par des risques dits de transition, lorsque des mesures contraignantes de politique climatique sont prises. Nous travaillons étroitement avec la BNS et la science pour évaluer ces risques de transition pour les deux grandes banques», détaille Mark Branson. Membre de la direction de la Banque nationale suisse, Andréa Maechler confirme: «La Finma et la BNS évalueront les risques climatiques pour chaque banque.»

La Finma veille aussi au grain pour détecter les cas éventuels d’écoblanchiment (greenwashing) qui pourraient induire les clients en erreur. Et la BNS s’attachera à l’évaluation des effets sur la stabilité des prix et des infrastructures dont l’importance est jugée systémique pour la Suisse, complète Andréa Maechler.