L'aéroport Mohammed V, tout proche de Casablanca, capitale économique du Maroc, est flambant neuf. L'autoroute, à quatre pistes et à péage, qui mène à Rabat, siège du gouvernement, vient d'être refaite. En route, les chantiers ne passent pas inaperçus. Une première impression s'impose: le Maroc s'est embarqué dans de nombreux projets d'infrastructures. «Le pays doit fournir ces facilités s'il veut attirer des investissements étrangers», explique Gérard Salzmann, membre de la Chambre du commerce Suisse-Maroc et retraité de la direction de Novartis au Maroc.

«Investissements étrangers». Comme un sésame qui ouvrirait la porte à la prospérité, ces deux mots revêtent une importance particulière dans ce pays qui multiplie les opérations de séduction. C'est dans ce contexte qu'a été lancée la 5e édition des Intégrales de l'investissement jeudi à Skhirat, près de Rabat, par le premier ministre, Abass El Fassi, en présence de nombreux hommes d'affaires locaux et étrangers. Le Temps y est invité.

A moins de 3 heures de Genève

L'initiative n'est pas de trop. Le pouvoir d'achat annuel par habitant s'élève à 4555 dollars et le chômage touche près de 10% de la population. «La Namibie devance le Maroc et ce n'est pas une blague», écrit tout offusqué L'Economiste, journal marocain du 12 décembre, commentant le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Au hit-parade du développement humain, le Maroc a rétrogradé de trois places et occupe le 126e rang. «Au niveau du monde arabe, il n'y a que la Mauritanie, le Yémen et le Soudan que nous arrivons à devancer. Il n'y a pas de quoi pavoiser», ironise encore le journal.

«Notre stratégie va payer à moyen et long terme», explique Mohammed Guedira, ambassadeur du Maroc en Suisse. Son pays, selon lui, offre des avantages exceptionnels aux investisseurs étrangers: une main-d'œuvre abondante, formée et compétitive. Et surtout l'accès aux marchés de nombreux pays avec lesquels le Maroc a signé des accords de libre-échange, dont l'Union européenne, les Etats-Unis, la Suisse, les pays du Golfe et la Turquie.

Les résultats sont là. Des dizaines de projets ont abouti en 2007. Outre les secteurs classiques comme le textile, le tourisme, l'électronique et les centres d'appels, le pays est devenu un grand fabricant de composants aéronautiques. Cinq entreprises d'assemblage ou de production, un millier d'emplois à la clé, ont ouvert leurs portes cette année.

Pour Gérard Salzmann, les investisseurs suisses ont tort de se tourner vers la Chine, l'Inde et le Brésil alors que de bels opportunités existent à moins de trois heures de Genève.