De nouveaux investisseurs viennent de prendre une participation majoritaire dans le capital de la société L. Leroy SA. Basée à Yverdon avec siège social à Lausanne. L'entreprise qui travaille aujourd'hui exclusivement sur des produits très haut de gamme entend bénéficier de l'apport financier des partenaires fraîchement arrivés pour lancer de nouveaux modèles de montres et de calibres.

Pascal Courteault, l'un des quatre actionnaires jusqu'ici aux commandes de la société, reste fort discret sur l'identité des nouveaux propriétaires. Tout au plus lâche-t-il que les investisseurs sont actifs pour d'aucuns dans la finance, pour d'autres dans la distribution horlogère. Bien positionné depuis le début de l'année sur le front des acquisitions (LT du 24.6.04), le groupe espagnol Festina-Lotus était également sur les rangs. La semaine dernière, au siège de Festina-Candino Watch AG à Herbetswil, on se disait proche du but. Pascal Courteault confirme ces contacts, comme il se plaît aujourd'hui à couper court aux rumeurs qui ont précédé l'arrivée des nouveaux investisseurs.

Pascal Courteault et un groupe d'investisseurs étaient entrés dans la société en 1992 pour donner un nouvel élan à la marque. Depuis lors, la société L. Leroy a occupé une niche dans le haut de gamme en produisant des garde-temps exclusifs de belle facture. Pour ce faire, elle s'est appuyée sur le savoir-faire et les compétences de la manufacture Techniques Horlogères Appliquées THA SA dont le président n'est autre que Pascal Courteault. Installée à Sainte-Croix, THA SA compte une vingtaine de collaborateurs. Le capital de cette société ne change pas de mains. Petite par sa production – environ 400 montres par an – et par un réseau de distribution sélectif axé essentiellement sur l'Europe et les Etats-Unis, L. Leroy se distingue par des montres d'un prix moyen «hors usine» élevé, environ 7000 francs. L'arrivée de professionnels de la distribution dans le capital devrait permettre à la marque d'élargir son nombre de points de vente et par conséquent d'accroître sa notoriété.

La montre la plus compliquée

Française à ses origines en 1751, la société Leroy a été, à l'image d'un Breguet, le fournisseur de nombreuses cours européennes. Le nom de Leroy est également associé dès 1757 à l'histoire du chronomètre de marine. L'un des hauts faits de la société reste la réalisation de la Leroy 01, présentée à l'Exposition universelle de 1900 et qui, grâce à ses 25 complications et 925 pièces, est alors considérée comme la montre la plus compliquée du monde.

L'arrivée de nouveaux partenaires dans le capital de L. Leroy est significative d'un regain d'intérêt pour les marques historiques. Après dix-huit mois de calme relatif sur le front des acquisitions, l'horlogerie paraît de nouveau attractive aux yeux des investisseurs. Alors que le moyen et le bas de gamme sont encore délaissés, le segment supérieur intéresse davantage. Si les marges ne sont pas nécessairement plus intéressantes, la concurrence y est sans doute moins rude.