Outillage

La marque Swiza lance un nouveau couteau suisse

La jeune société Helvetica Brands, basée à Delémont (JU) lance un nouveau couteau suisse estampillé Swiza. Ils brisent le monopole que détenait Victorinox depuis le rachat de Wenger

Ils ont «tout recommencé à zéro». Et à part qu’il devait être rouge et à croix blanche, ils ne «savaient pas vraiment à quoi il allait ressembler». Mercredi à Lausanne, la jeune société jurassienne Helvetica Brands a lancé un nouveau couteau suisse sous la marque Swiza. Florian Lachat, l’un des fondateurs de la société, n’a pas hésité à affirmer devant les journalistes que sa société «réinventait le mythique couteau suisse».

Au premier coup d’oeil, l’outil respecte les conventions du genre (taille, fonctionnalités, etc.) mais possède un design plus moderne que le modèle traditionnel. Il a été dessiné conjointement avec le bureau de design zurichois Estragon. Pour l’heure, la marque lance 16 modèles en quatre coloris différents («qui rappellent les couleurs de la campagne jurassienne»). Il devrait être vendu environ 37 francs. Il est également personnalisable. «Nous sommes encore en mode start-up, tout est négociable chez nous», explique Florian Lachat.

La stratégie de la marque basée à Delémont (JU) est d’attaquer les marchés suisse et international simultanément. Elle vise le consommateur final comme les entreprises – le marché «business to business» pèse 40% du marché mondial du couteau de poche, selon Florian Lachat. Une usine de 350 mètres carrés est sortie de terre à Delémont et 59 des 61 opérations de fabrication des couteaux y seront réalisées. En tout, plus de 9 millions de francs ont été investis par Florian Lachat et son partenaire Peter Hug. Des industriels jurassiens sont venus compléter les tours de table.

Après le rachat de Wenger par Victorinox (en 2005), une partie des couteaux de poche anciennement appelés Wenger ont été intégrés l’an dernier à la marque schwyzoise Victorinox – Wenger existe toujours, mais travaille dans l’horlogerie ou la bagagerie. La société fabriquerait selon les estimations quelque 8 des 70 millions de couteaux de poche vendus chaque année dans le monde.

Helvetica Brands ne n’est pas fixé comme objectif de rivaliser avec ce géant. «On ne s’attaque pas à eux, ce n’est pas notre ambition. Mais depuis mercredi après-midi, il est vrai qu’ils ont perdu leur monopole», conclut Florian Lachat.

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