La marque horlogère d’entrée et de moyen de gamme TechnoMarine change de mains. Dans le cadre d’un accord conclu en fin de semaine dernière, le management a repris la totalité des parts de la société genevoise. Elle appartenait précédemment au fonds d’investissement belge Cobepa et au Crédit Agricole Suisse.

«Cette reprise marque une étape importante dans la poursuite de la stratégie de redynamisation» de l’entreprise, selon un communiqué de presse diffusé lundi. Jacques-Philippe Auriol, patron de la société depuis 2011, est partie prenante de l’opération. «Il n’y aura pas de révolution. C’est un changement dans la continuité», a-t-il précisé au Temps. TechnoMarine affirme ainsi se doter des moyens de poursuivre son développement et la conquête de nouveaux marchés. La marque est par exemple en train de se repositionner au Moyen-Orient, en Argentine, en Russie ou encore en Thaïlande. Elle devrait prendre pied sous peu en Autriche et en Hongrie. Absente pour l’heure de Chine, une implantation est prévue dans les années à venir.

Aucun détail financier de l’opération n’a filtré. Au final, cinq à six cadres de l’entreprise, employant 15 personnes à Genève et 70 dans le monde, deviendront actionnaires. Les transactions de management buy out sont très rares dans l’horlogerie. Technomarine avait connu un leverage buy out en 2007, soit un rachat des actions de l’entreprise financé par une large part d’endettement.

«Cette reprise va nous permettre de capitaliser sur le travail de fond qui a été entrepris depuis deux ans et de poursuivre un beau projet entrepreneurial avec l’équipe que j’ai constituée», a ajouté Jacques-Philippe Auriol. Lequel annonce également de nouveaux lancements de montres d’ici à la fin de l’année. La gamme de prix va de 500 à 4000 francs, avec le cœur de la collection se situant à 750 francs. La société ne dévoile pas ses ventes.

«Entreprise saine»

Créée en 1997 à Saint-Tropez et basée à Genève, TechnoMarine possède des filiales à Miami et à Hongkong. Elle déclare écouler 140 000 montres chaque année, dans environ 1500 points de vente répartis dans plus de 50 pays. En 2009, il était question de 120 000 montres. Jacques-Philippe Auriol admet que «la marque a quelque peu été chahutée l’an dernier mais l’entreprise reste saine, sinon je ne l’aurais pas reprise». La fabrication des montres est sous-traitée en Asie ou en Suisse. La part de Swiss made, entre 25 à 35% à l’heure actuelle, est appelée à croître ces prochaines années. «Plus de la moitié des nouveaux modèles présentés à Baselworld cette année l’était», selon le patron.

Agé de 55 ans, Jacques-Philippe Auriol travaille depuis plusieurs décennies dans l’horlogerie. Il a notamment dirigé Baume & Mercier et Gucci Group Watches après avoir occupé diverses fonctions au sein du numéro deux mondial du luxe Richemont, notamment chez Cartier. Ces dernières années de nombreux patrons se sont succédé à la tête de TechnoMarine, dont Vincent Perriard, ex-Concord (groupe Movado) et actuellement à la tête de la jeune pousse biennoise HYT. Christian Viros, ancien PDG de la marque TAG Heuer, a été indirectement actionnaire de TechnoMarine jusqu’à l’an dernier. En 2013, la marque haut de gamme Corum avait aussi changé de main. Elle a été reprise par le groupe China Haidian, qui possède aussi la soleuroise Eterna.