Le Geneva Time Exhibition (GTE) s’est ouvert hier à Genève, au Centre international de conférences. Ce nouveau rendez-vous de de créateurs et de fabricants horlogers indépendants est destiné aux professionnels et aux collectionneurs. Entretien avec une de ses fondatrices, Paola Orlando

Le Temps: Le Geneva Time Exhibition vient d’ouvrir ses portes. Comment abordez-vous cette première édition?

Paola Orlando: Le salon ne désemplit pas et c’est une note importante dans le contexte économique actuel. Ce n’est un secret pour personne, l’année 2009 a été catastrophique pour le secteur horloger. Les marques indépendantes n’ont pas été épargnées. Aujourd’hui, elles s’unissent pour mieux résister. Si les signes de reprise sont visibles, ce n’est pas encore gagné, mais l’on ressent un positivisme ambiant.

– Quelles sont vos attentes en termes de fréquentation?

– Toutes nos prévisions sont dépassées. Nous comptabilisons déjà plus de 2500 inscrits, en provenance du monde entier. De grands clients venus de Chine, de Dubaï ou du Portugal ont également fait le déplacement. C’est la preuve de l’intérêt porté aux horlogers indépendants.

– Quelles sont les retombées d’une telle manifestation pour les 38 marques représentées?

– Le GTE vise à répondre aux demandes des horlogers indépendants. Ils n’ont pas les moyens financiers d’accéder aux grandes manifestations de la branche que sont le SIHH ou Baselworld. Notre salon se veut moins exclusif, tout en restant dédié aux professionnels. Les marques présentes ressentent un fort besoin de créer un réseau sur le marché suisse et international. Elles font toutes preuves d’une créativité indéniable, mais restent inconnues à l’étranger.

– La Geneva Time Exhibition a lieu parallèlement au Salon international de la haute horlogerie. Comment cohabitez-vous?

– Nous nous voulons complémentaires. Nous ne sommes d’ailleurs pas dans un segment concurrentiel. Notre unique objectif est de réunir les indépendants de la branche et de leur offrir une visibilité. L’idée n’est pas nouvelle. Elle est dans l’air depuis une quinzaine d’année, mais elle ne s’était jamais concrétisée. Face à la demande croissante des horlogers indépendants, nous y sommes parvenus. Notre comptions réunir une dizaine de marques. Nous avons quadruplé ce chiffre.

– La prochaine édition de Baselworld en mars pourra-t-elle compter sur une foire dédiée à l’horlogerie indépendante?

– Non, ce n’est pas d’actualité. Genève est bien mieux positionnée dans le secteur de l’horlogerie indépendante. Par contre, nous exportons le salon à Bombay en septembre prochain, où se tiendra le premier Mumbai Time Exhibition. Et même s’il reste encore beaucoup d’inconnues et d’améliorations à apporter, nous serons de retour à Genève l’année prochaine.