Une claque. C’est ce à quoi s’est apparentée la crise sanitaire pour certains détaillants: avec les fermetures de commerces non alimentaires imposées pour lutter contre la pandémie, du jour au lendemain Internet devenait l’unique canal de vente. Certains – les plus petits, plus agiles – y ont vu la chance de percer dans l’e-commerce. Mais pour les grandes enseignes orientées mode et habitat, qui souffrent d’une érosion continue de leurs ventes depuis plusieurs années, la situation s’apparente à un réveil douloureux.

Troisième détaillant helvétique, Manor annonçait la semaine dernière la suppression de 476 emplois sur 8900. Le lendemain, c’était au tour de la chaîne de magasins britanniques Marks & Spencer de biffer 7000 postes sur 80 000. Ce, dans le sillage d’annonces similaires qui ont marqué l’été: en juin, le groupe espagnol Inditex (propriétaire de la marque Zara) annonçait la fermeture d’environ 1200 de ses 7400 boutiques, idem chez le suédois H&M, qui a vu ses ventes plonger de moitié au 2e trimestre, tandis que la marque de jeans Levi’s licenciait 700 de ses 15 000 employés. Les grands magasins espagnols El Corte Inglés ont eux commencé à vendre certains de leurs immeubles pour renflouer les caisses.