Il se passe toujours quelque chose autour des sociétés dans lesquelles Martin Ebner détient des participations. La Winterthur a été intégrée dans le Credit Suisse, la SBS et l'UBS ont uni leurs destins, et l'échec de la fusion entre l'allemand Viag et Algroup a permis au financier de se hisser à la tête du conseil d'administration de l'entreprise helvétique.

Que nous réserve donc aujourd'hui Martin Ebner avec Rieter? Ces derniers mois, le groupe BZ a augmenté ses participations dans le capital-actions de l'entreprise de Winterthour. Une augmentation due en partie au fait que Rieter a racheté un paquet de ses propres actions. D'autre part, le financier a acheté 2% d'actions supplémentaires. «Nous avions toujours considéré Rieter comme une simple participation financière, mais avec plus du quart du capital, ce n'est plus le cas. Il faut désormais parler d'un engagement stratégique, affirme Martin Ebner. Nous avons donc intensifié nos rapports avec la direction car nous entendons participer à la mise en place de la stratégie de l'entreprise.»

Dans ce contexte, Martin Ebner n'exclut pas la possibilité de faire son entrée au sein du conseil d'administration de Rieter, mais il n'en dira pas plus pour l'instant sur ses intentions. «A mon avis, il va faire pression sur le management pour le pousser à accepter une fusion ou alors procéder à des acquisitions», estime Andres Gujan, analyste à la Banque Vontobel. Dans ce contexte, une fusion avec Saurer serait tout à fait envisageable. La nouvelle société devenant du même coup le leader mondial pour plusieurs types de machines textiles. Un point de vue que rejette catégoriquement Volkan Göçmen, analyste à la Banque Pictet, pour qui «ce rapprochement n'a pas de sens, puisque les deux entreprises ont la taille critique et disposent d'une technologie de pointe. D'autre part, un rapprochement entre les deux sociétés ne manquerait pas de poser des problèmes du point de vue de la concurrence.» Selon Martin Ebner, cette opération n'est en tout cas pas à l'ordre du jour. «Il doit nier. Vous ne pensez tout de même pas qu'il va dévoiler sa stratégie», affirme Andres Gujan.

Quoi qu'il en soit, Martin Ebner croit en l'avenir de Rieter. Optimiste, Volken Göçmen mise sur une forte croissance du bénéfice pour le prochain exercice, grâce notamment à la nouvelle machine à filer qui se vend déjà très bien.