Séduire le grand public, avec du classique chic, assez moderne. Et accessible à tout porte-monnaie. L’ambition de Cécile Maye, qui a repris la marque Marvin via la société neuchâteloise Time Avenue, est limpide, mais pas si facile. «Aujourd’hui, face à la concurrence, vous ne pouvez pas être moyen, vous devez prendre des positions fermes», poursuit la dirigeante.

Avec ses trois lignes de modèles principales, Marvin veut désormais travailler sur des produits icônes, un cran au-dessus au niveau du caractère. La mission a été confiée comme à l’accoutumée à Jean-François Ruchonnet, conseiller créatif, et Sébastien Perret, designer. Un accord a également été signé avec le pilote Sébastien Loeb, qui a commencé de travailler sur des produits qui seront disponibles à l’automne. Bref, l’année 2010 constitue une période d’investissements.

«Nous nous situons au-dessous de nos objectifs financiers, confie Cécile Maye. C’est pour cela que je me donne maintenant deux à trois ans pour pousser la marque. Je sais que nous avons une base qui tient la route, nous devons maintenant gagner en visibilité et ouvrir des marchés stratégiques.» Relancer une marque qui a connu ses années de gloire dans les années 1950 n’est pas de tout repos. Mais la poignée de collaborateurs qui s’affairent au Château de Vaumarcus veut y croire. Présente dans une vingtaine de pays, la marque s’est implantée rapidement au Japon en 2009, avec l’ouverture de 30 points de vente. Les Etats-Unis sont prioritaires cette année, avec une politique plus agressive sur Internet, puisque le site est refait pour séduire davantage l’internaute américain.

Avec des garde-temps mécaniques qui démarrent à 830 francs suisses (450 pour le quartz), Marvin refuse de tomber dans la spirale des prix qui flambent. «Ces derniers ne doivent pas influencer le choix du consommateur, ou plutôt, ça ne doit pas être une barrière. C’est le­produit qui doit être déterminant», estime Cécile Maye. C’est pourquoi la dirigeante est également très attentive à la qualité des assembleurs avec lesquels l’entreprise travaille, entre La Chaux-de-Fonds, le Jura et le Tessin.