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Innovation

Les matériaux intelligents passent du laboratoire à l’usine

Le programme national de recherche PNR62, dédié aux nouveaux matériaux, a pris fin.Les scientifiques dressent le bilan de leurs travaux à vocation industrielle

Les matériaux intelligents passent du laboratoire à l’usine

Innovation Le programme national de recherche PNR62, dédié aux nouveaux matériaux, a pris fin

Les scientifiques dressent le bilande leurs travaux à vocation industrielle

Des chercheurs entreprenants, pour des matériaux intelligents. C’est sous cette dénomination que se sont réunis une soixantaine de chercheurs hier à Berne pour la manifestation de clôture du programme national de recherche PNR62. Lancé en 2010 avec un budget de 11 millions de francs par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, ce programme vise à soutenir la recherche sur les matériaux intelligents, avec une forte volonté d’encourager le transfert de technologie des laboratoires vers le monde industriel. L’heure était donc au bilan des recherches et des collaborations avec les industries.

Les matériaux intelligents sont des matériaux capables de modifier leurs propriétés et leur comportement en fonction d’une ­stimulation. Exemple, un revêtement de peinture de carrosserie capable de résorber entailles et griffes sous l’action de la lumière. Ils sont souvent inspirés de phénomènes naturels et trouvent de nombreuses applications dans le domaine de la santé.

C’est le cas du projet de Martin Wolf, de l’Hôpital universitaire de Zurich. Ses travaux menés dans le cadre du PNR62 l’ont conduit à mettre au point un capteur de glucose innovant particulièrement adapté aux nouveau-nés prématurés. Il consiste en une membrane intelligente qui se colle sur la peau et qui filtre les molécules de glucose présentes dans les vaisseaux sanguins. Résultat, le taux de sucre dans le sang est mesuré en continu, tout en évitant les piqûres et en limitant les risques d’infection. «Nous avons déposé un brevet, et nous sommes en discussion avec un partenaire industriel», indique Martin Wolf. «Une start-up est en train d’être créée pour la commercialisation», ajoute son collègue, Damien de Courten. Un long parcours qui regorge de difficultés, notamment pour trouver des partenaires et des fonds, mais «il existe un important marché en contrepartie», glisse le chercheur.

Autre marché prometteur, celui des matériaux piézoélectriques. Il dépasserait les 20 milliards de dollars annuels, estime Dragan Damjanovic, de l’EPFL. Largement utilisés dans l’industrie, ces matériaux produisent de l’électricité lorsqu’ils sont soumis à une contrainte mécanique (vibrations…) et inversement. Avec toutefois un inconvénient majeur: ils contiennent du plomb, substance toxique et polluante. «Nous fabriquons des matériaux aux propriétés similaires mais sans plomb», explique ce physicien, qui a établi deux partenariats avec le monde industriel, l’un avec EngoTech, fabricant de machines de nettoyage à ultrasons basé à Winterthour, l’autre, qui vient d’être officialisé, avec la succursale européenne de Namiki Precision. Deux succès qui n’occultent pas certains échecs, comme ce projet avorté, en partenariat avec Michelin, destiné à développer des pneus intelligents intégrant de tels matériaux piézoélectriques. «Les choses ne se passent pas toujours comme prévu», soupire le chercheur avec philosophie.

«La difficulté, c’est que les entreprises et les laboratoires ont des cultures radicalement différentes. Une fois la compréhension mutuelle établie, les partenariats portent leurs fruits», conclut Niklaus Bühler, responsable des transferts de technologie du PNR62. Pour ce faire, le PNR62 organisait notamment des rencontres entre chercheurs et chefs d’entreprise afin de créer des relations. En cinq ans, une centaine de contacts avec des partenaires industriels ont été noués au sein du PNR62.

«La difficulté, c’est que les entreprises et les laboratoires ont des cultures radicalement différentes»

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