Le cours du cacao n'a finalement pas souffert de la crise ivoirienne. Le prix de cette matière première flanche sans discontinuer depuis le printemps de 1998. Le plus bas creux de cette courbe a été atteint le 21 décembre dernier, lorsqu'une tonne de cacao se négociait pour 810 dollars à la Bourse spécialisée de New York. Le putsch militaire qui a emporté, la veille de Noël, le président de Côte-d'Ivoire Henri Konan-Bédié, a cependant rendu ce marché très nerveux. Le 27 décembre 1999, rapporte l'agence Bloomberg, le cours a ainsi atteint un pic de 915 dollars la tonne, le prix le plus élevé depuis le 30 novembre, avant de se stabiliser. La raison de cette volatilité s'est expliquée, ce jour, par des rumeurs de retard sur les cargaisons de cacao.

Mais les opérateurs se sont voulus rassurants. John Long, un porte-parole de la maison Hershey Foods, a ainsi confié à Bloomberg: «Nous avons parlé avec des marchands locaux qui nous ont assuré que les transbordements s'effectuaient.»

Avec environ 40% de l'ensemble des plantations du monde, la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Le fait que ces troubles politico-militaires se soient déroulés à Abidjan, le plus important port du pays, a attisé les spéculations sur l'évolution du cours de la matière première. Lundi, le cours du cacao – lié aux contrats du mois de mars – s'est stabilisé à 840 dollars. Le 22 juillet dernier, une tonne de cacao se négociait encore à 1140 dollars sur ce même marché à terme de New York. Au cours du printemps 1998, le prix dépassait les 1800 dollars la tonne.

Les excellentes récoltes et perspectives de récolte ont, depuis, orienté le cours à la baisse au grand dam des pays producteurs.