La correction de ce mois de janvier a bien illustré le sentiment du marché. Le client attend que l'orage passe. La demande pour les revenus garantis devrait rester forte, selon Lionel Pilloud. Pour l'investisseur, l'essentiel consiste à bien comprendre le profil des risques du produit (réd.: la courbe de rendement montre comment réagit le produit à une variation du sous-jacent), selon Dominik Schärer.

La demande pour les produits liés aux actions sera encore en hausse cette année, mais moins sur les produits basés sur indices que les véhicules à thèmes, selon Hans Georg Vetterlin. A la mode en ce moment: les matières premières. Non seulement le gaz et le pétrole mais également les énergies alternatives, les marchés émergents sur lesquels on investira par exemple avec un certificat et une protection conditionnelle du capital. On cherchera aussi plutôt un thème qu'un indice, par exemple, le renouveau japonais, selon Hans Georg Vetterlin.

La part des matières premières est encore très faible dans les allocations des institutionnels, selon Dominik Schärer. En ce moment, l'investisseur est également friand de marchés émergents. Il s'y intéressera à travers les certificats «plus». Dans ce cas, il achète une exposition sur un marché avec une protection conditionnelle. «A côté des matières premières, nous attendons aussi une demande croissance en produits liés aux taux, par exemple sous la forme de reverse convertibles», selon Lionel Pilloud. L'investisseur sera tenté par des structures mêlant à la fois l'actif actions et l'actif taux d'intérêt pour viser une performance qui combine les deux, selon Marco Bartolucci, à la Banque Leu.

Appuis technologiques

«2006 sera l'année d'un gros effort sur la qualité et le service, des facteurs déterminants sur un marché toujours plus homogène», selon Vittorio Schiro, Managing director d'UBS Investment Bank. Les investissements ont été massifs pour offrir un outil de marché performant, une liquidité sans défaut. «Nous disposons d'un nouvel instrument, UBS Investor, pour les conseillers à la clientèle, avec lequel l'investisseur indique le sous-jacent qu'il désire, l'échéance, le prix d'exercice et le coupon. Le système élabore automatiquement un produit structuré sur-mesure. Nous pensons que cet outil est novateur.» Il a été inauguré au service du marché des changes avant de passer aux «reverse convertibles». Pour Vittorio Schiro, « l'innovation est extrêmement importante. Elle ne doit pas nécessairement comporter une option exotique supplémentaire mais fournir un accès plus aisé et plus rapide au produit». L'innovation qui s'impose est celle qui naît des besoins concrets des clients.

Morgan Stanley constate un intérêt croissant dans le domaine de produits structurés destinés aux caisses de pension: «Même si la Suisse ne se trouve pas au même niveau que les Etats-Unis, la tendance est néanmoins claire. Ceci explique l'intérêt considérable à structurer des produits pour les caisses de pension qui soient simples, alliant un bon rapport coût/bénéfice, tout en étant flexibles et incorporant une garantie de capital lors de la retraite. De plus, un nombre grandissant de caisses de pension utilise une approche « core-satellite », utilisant les swaps pour suivre, à bas prix, leur indice de référence et s'appuyant sur des gestionnaires de fortune qui se concentrent sur des niches et des investissements alternatifs pour améliorer le rapport risque/bénéfice de leur portefeuille. Nous allons certainement suivre ce domaine de près», explique Vladimir Grlica, chez Morgan Stanley.