Un juge new-yorkais l’a décidé: les échanges d’e-mails entre Sotheby’s et l’homme d’affaires Yves Bouvier ne resteront pas secrets. C’est un coup dur pour la maison de vente aux enchères, qui avait actionné la justice américaine afin que les messages entre Samuel Valette, son vice-président, et le Genevois restent protégés par le sceau du secret. Cette correspondance peut en effet laisser penser que les deux se seraient mis d’accord sur le prix d’œuvres d’art qu’Yves Bouvier a ensuite revendues pour une somme supérieure au milliardaire russe domicilié à Monaco, Dmitri Rybolovlev. Cette cachotterie alléguée est au cœur du conflit entre ces deux derniers, portant sur 38 œuvres d’art, qui dure depuis l’hiver 2015 et s’étend sur plusieurs juridictions, dont Genève et New York.

Cet arrangement aurait par exemple permis à Yves Bouvier d’acquérir le fameux Salvator Mundi, peint par Léonard de Vinci, pour 80 millions de dollars, avant de le revendre pour 127 millions. La maison de vente aux enchères a déclaré au Times de Londres, qui a révélé jeudi la décision américaine, qu’elle ignorait tout des intentions du Genevois au moment de lui vendre ces objets. La société affirme que les accusations de complicité dans un schéma de fraude portées envers elle sont sans fondement.