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Un MBA permet de mieux connaître le monde de l’entreprise et de se donner les compétences d’un manager généraliste de haut niveau, selon Jesper Hörnberg, qui attribue en grande partie sa réussite entrepreneuriale au Kenya à sa formation à l’IMD.
© Katie Edwards / Ikon Images

Formation

Les MBA racontés par leurs étudiants

Un MBA permet de compléter son expérience et de stimuler sa carrière par un troisième cycle mais aussi et surtout d’acquérir des outils managériaux et d’explorer les nombreuses interrogations qui rythment le processus entrepreneurial. Rencontre avec trois anciens étudiants

L’un souhaitait rendre l’énergie disponible au Kenya, l’autre, ancien militaire, avait besoin de mieux maîtriser l’organisation, les processus et les techniques de la production pour vendre des salades en Alaska. La dernière a créé une entreprise chocolatière en Suisse qui livre 365 jours par an une ration quotidienne de flavonoïdes. Ils expliquent ce que leur MBA leur a apporté. Témoignages.

Jesper Hörnberg, l’entrepreneur qui rend l’énergie disponible au Kenya

Originaire de Suède, Jesper Hörnberg était loin d’imaginer qu’il s’établirait un jour durablement à Nairobi. «J’ai découvert la capitale kényane au cours d’un séjour organisé par l’IMD. Lors d’une séance photo, mon groupe s’est mis à «brainstormer» sur les moyens qui permettraient de moderniser le pays, de galvaniser son développement économique et d’augmenter le niveau de vie de sa population. En réfléchissant à ces thématiques, on s’est aperçu que le Kenya avait des besoins gigantesques en énergie.»

Grâce au travail sur la connaissance de soi et de ses objectifs effectué au cours de mon MBA, j’ai compris que ce qui m’importait réellement était d’avoir un effet positif sur les gens

Jesper Hörnberg

Le groupe se met alors à imaginer une entreprise, Givewatts (littéralement «donner des watts»), dont le but serait de répondre en partie à ces besoins. En 2010, Jesper Hörnberg, aidé de cinq camarades de promotion avec lesquels il a tissé des liens d’amitié solides, passe du rêve à l’action. L’entreprise Givewatts voit le jour dans un pays en mutation. «Il m’a fallu une certaine dose de courage pour quitter ma bonne vieille Europe à l’atmosphère sécurisante pour une ville instable comme Nairobi. Mais grâce au travail sur la connaissance de soi et de ses objectifs effectué au cours de mon MBA, j’ai compris que ce qui m’importait réellement était d’avoir un effet positif sur les gens, de toucher leur vie et de faire une différence dans le monde, quitte à perdre un peu de stabilité en cours de route.»

A ce jour, Givewatts a rendu l’électricité disponible pour 127 845 personnes en installant 25 569 lampes dans des écoles et des maternités kényanes, notamment. Une réussite que Jesper Hörnberg attribue en grande partie à sa formation, qui lui a permis de mieux connaître le monde de l’entreprise et de se donner les compétences d’un manager généraliste de haut niveau.

Dan Perpich, l’entrepreneur qui vend des salades en Alaska

A l’issue de son MBA, Dan Perpich était paré pour vendre de la glace à un Esquimau. C’est cependant de la salade qu’il a choisi de proposer à cette population friande de produits frais. «Tout a commencé en 2011», se souvient cet ancien participant de l’IMD. Dan Perpich est à l'époque un officier d’infanterie basé en Alaska. Alors qu’il déambule dans les rayons d’un supermarché, il constate avec effarement le prix d’une tête de laitue: 18 dollars! Une idée germe aussitôt dans son esprit. «La raison pour laquelle le coût de la salade était prohibitif était simple: dans le Grand Nord canadien, la plupart des aliments frais sont importés. Ils parcourent de très grandes distances avant d’arriver sur nos tables, ce qui se répercute sur les prix. Pour faire baisser le prix de la tête de laitue, il suffisait donc de défier les éléments naturels et de la produire localement, en Alaska.»

Le chemin a été long et semé d’embûches. Mais entreprendre signifie échouer tous les jours jusqu’à la victoire

Dan Perpich

Deux ans plus tard, Dan Perpich quitte l’armée et s’inscrit à l’IMD. «J’ai choisi cette école pour sa taille humaine, son environnement international et le profil d’âge des étudiants supérieur à la moyenne. Le programme offre également une formation en classe qui met l’accent sur les principes commerciaux de base et la résolution de problèmes.»

A l’issue de son master, Dan Perpich retourne en Alaska avec la ferme intention de cultiver des laitues hydroponiques. «Le chemin a été long et semé d’embûches, confie-t-il. Mais entreprendre signifie échouer tous les jours jusqu’à la victoire. Dans cette aventure, j’ai pu m’appuyer sur la méthodologie et les modèles étudiés à l’IMD mais aussi sur les conseils précieux de mes anciens professeurs, lesquels ont vérifié à distance mon travail pour m’assurer que j’étais sur la bonne voie et ancré dans la réalité.»

Natalia Wolf, l’entrepreneur qui livre du chocolat bon pour la tête

Avec près de 12 kilos par année et par personne, les Suisses sont les plus gros mangeurs de chocolat de la planète. C’est sur ce marché dominé par des acteurs qui se distinguent de longue date par la reconnaissance de leur marque que Natalia Wolf a décidé d’implanter son entreprise chocolatière, Swiss Element 365.

Quand on croit à ce que l’on fait, et que l’on fait ce que l’on aime, il n’y a aucune raison de ne pas réussir

Natalia Wolf

«Le pari est audacieux, concède cette diplômée de la Business School de Lausanne. Mais la finalité de Swiss Element 365 n’est pas l’obtention d’un profit maximal. Je fais partie de cette génération d’entrepreneurs qui travaille avant tout pour se faire plaisir et trouver du sens. Nous proposons un chocolat grand cru dont la teneur en flavonoïdes, ces antioxydants connus pour leurs nombreux bienfaits (une consommation régulière prévient notamment des problèmes de mémoire), est particulièrement élevée. Nos tablettes de chocolat sont livrées à domicile afin que nos clients aient accès, 365 jours par an, à leur ration quotidienne de flavonoïdes.»

De son MBA à la Business School de Lausanne, Natalia Wolf a tiré des enseignements importants. «Mes professeurs m’ont aidé à me poser les bonnes questions et m’ont suggéré des angles d’attaque originaux qui font le succès d’une entreprise. Ensemble, nous avons exploré les nombreuses interrogations qui rythment le processus entrepreneurial. Mais la leçon la plus importante apprise au cours de mon master est sans aucun doute celle-ci: quand on croit à ce que l’on fait, et que l’on fait ce que l’on aime, il n’y a aucune raison de ne pas réussir.»

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