«Je veux aller au McDonald’s!» implore un automobiliste, fenêtres ouvertes et coups de klaxon pour exprimer sa frustration. L’agent de sécurité qui assure la circulation à l’entrée du McDonald’s de Crissier, aux portes de Lausanne, vient de lui refuser l’accès. «Il y a deux d’heures d’attente. Circulez, s’il vous plaît.» Dans les habitacles, les clients prennent leur mal en patience. La promesse d’un hamburger au bout de la longue file d’attente après six semaines de fermeture totale des points de vente excite les papilles. «Salut les nazes», se moque un conducteur de cabriolet, avant de filer tout droit.

Lire aussi:  Vague verte dans les jardineries

Batterie de mesures sanitaires

Les employés du géant américain ont fait lundi leur retour aux fourneaux, en petit nombre et équipés de masques et de gants. Les salles de restaurant restent fermées. Seuls les 88 McDrive, qui assurent la livraison à l’emporter, et l’envoi à domicile sont disponibles. «Nous planifions nos équipes de façon à ce qu’elles puissent garder une distance suffisante en cuisine. Nos employés travaillent dos à dos ou en décalage, précise Béatrice Montserrat, porte-parole de McDonald’s Suisse. En plus de leur équipement de protection, nos employés se lavent régulièrement les mains avec un savon anti-germes.»

Lire également:  En Suisse, le déconfinement ravive les tensions

La batterie de mesures sanitaires vise à assurer la sécurité des employés, mais aussi à les rassurer sur leurs conditions de travail en cette période de pandémie. Après avoir haussé le ton, le syndicat Unia s’est dit satisfait, lundi, des mesures prises par l’entreprise. L’organisation avait mis sur pied vendredi 20 mars une «opération escargot» devant le restaurant de Crissier pour demander l’arrêt de toute activité dans les chaînes de restauration rapide. «La régulation du trafic et les règles de sécurité en cuisine sont un bon signal. Cela démontre que McDonald’s fonctionne désormais à voilure réduite, note Giorgio Mancuso, responsable du secteur tertiaire pour la section vaudoise d’Unia. On ne peut plus les mettre en défaut et tant mieux s’ils ont pris conscience que la santé du personnel est plus importante que leur chiffre d’affaires.»

Lire encore:  Une réouverture économique sous haute surveillance