L'opérateur américain MCI WorldCom a annoncé jeudi la conclusion d'un partenariat avec les Services industriels de Genève (SIG) pour la constitution d'un réseau de fibre optique long de 48 kilomètres. Après notamment Diax qui utilise également les infrastructures des SIG, Colt Telecom Genève, qui construit son propre réseau et Multilink qui mélange ces deux options, c'est donc au tour du géant d'outre-Atlantique de développer ses activités à Genève. Quatre boucles seront réalisées d'ici la fin de l'année au centre-ville, près de l'aéroport, du CERN et de Carouge. Dans un marché libéralisé, Genève est une région très attractive en raison de la densité des organisations internationales et des multinationales.

L'avantage du partenariat avec les SIG est d'éviter de construire l'intégralité du réseau puisque le fournisseur genevois dispose déjà de 140 kilomètres de fibre optique dans le canton. «Nous allons utiliser autant que possible les passages existants pour minimiser les ouvertures dans les rues», déclare Gérard Fatio, président des SIG. Le coût pour les Services industriels n'est, explique-t-on, pas encore défini. Propriétaire des fibres, ils loueront le réseau exclusivement à l'opérateur américain. MCI WorldCom devra débourser 50 millions de francs dans les trois ans à venir, notamment pour l'achat de matériel technique. L'effectif passera de 20 personnes à plus de cinquante à fin 1999, voire davantage en l'an 2000. Cet investissement fait partie de la stratégie internationale de l'opérateur qui va dépenser quelque 1,2 milliard de francs en Europe pour étendre son réseau de fibre optique.

Son objectif à Genève est de rattacher le réseau à ceux qu'il a déjà établis dans le reste de l'Europe et du monde. Une ligne transatlantique est déjà opérationnelle et, sur le Vieux Continent, 10 villes sont déjà équipées. Comme Colt Telecom, MCI WorldCom propose en effet à ses clients, essentiellement des multinationales, des prestations porte-à-porte qui évitent de passer par plusieurs opérateurs. Si cette option est d'un coût élevé, elle permet néanmoins de garantir une meilleure sécurité des lignes. Le recours à un fournisseur, les SIG en l'occurrence, est donc une première pour l'opérateur américain qui estime que son partenaire est suffisamment performant pour utiliser son infrastructure locale.

«Cette annonce ne constitue pas vraiment une surprise car MCI WorldCom n'avait pas déposé de demande d'autorisation pour construire son réseau», remarque Eric Bachmann, directeur de Colt Telecom à Genève. «Cela fera un concurrent de plus», poursuit-il simplement. Colt, qui avait connu quelques difficultés pour obtenir l'aval des autorités pour son réseau estime qu'il aura bouclé ses quarante kilomètres de fibre optique «six mois avant MCI WorldCom».