Evoluant difficilement entre ses déclarations à titre personnel et son statut de président du conseil d'administration et du directoire du Credit Suisse Group (CSG), Lukas Mühlemann, par ailleurs membre du conseil d'administration de SAirGroup, n'a pourtant pas fui la discussion sur les péripéties du transporteur aérien. «Je me sens complètement responsable de ce qui s'est passé», a-t-il confié lors de la conférence de presse annuelle du CSG à Zurich, précisant qu'il s'était personnellement impliqué pour un changement de la stratégie de SAirGroup. Et d'ajouter qu'il se tenait à la disposition des actionnaires pour une année supplémentaire d'activité au sein du conseil d'administration du transporteur aérien pour y «apporter sa contribution personnelle».

Se tenant aussi prêt à répondre aux questions des actionnaires sur son activité au sein du conseil d'administration de SAirGroup, le patron du CSG a souligné que «dans ce cas, je me suis comporté comme un administrateur indépendant». Admettant implicitement qu'il est cependant difficile de faire la différence entre son statut de banquier et son siège d'administrateur, il a relevé qu'il faudrait à l'avenir «donner encore plus de poids au caractère d'indépendance des administrateurs». Toujours à titre personnel, Lukas Mühlemann a aussi confié au Temps qu'il avait pris acte des bons résultats du management de SAirGroup jusqu'en 1998. La confiance était alors totale entre la direction générale du groupe et ses administrateurs. C'est par la suite que le climat se serait détérioré d'autant qu'on se rendait compte que Philippe Bruggisser était très seul.

Participations dans LTU

en cours de cession

Les administrateurs auraient notamment eu de la peine à réaliser l'importance de certaines graves erreurs stratégiques comme la prise de participation dans l'entreprise allemande LTU. Aujourd'hui et toujours à titre personnel, Lukas Mühlemann souligne que SAirGroup garde des activités de base, notamment dans le transport aérien, qui sont très bonnes. Seules les participations dans LTU, qui serait en cours de cession, dans Sabena et dans les transporteurs aériens français posent de graves problèmes. Dans ce contexte, «participer à un crédit-relais à SAirGroup avec un pool bancaire ne poserait pas de problèmes au portefeuille du CSG», a estimé le banquier qui reste persuadé que «SAir est toujours une valeur de premier choix!….»