«Ce n'est pas un préalable à une division d'Unilever.» Face aux demandes récurrentes d'une partie de son actionnariat de séparer en deux sociétés (et surtout deux actions) distinctes les activités alimentaires et les produits ménagers et d'hygiène du corps, le groupe anglo-néerlandais a une nouvelle fois répondu par la négative. Pourtant, la réorganisation de ce conglomérat géant en deux divisions épousant ces mêmes contours d'activité pouvait laisser entendre le contraire; cet effort participe d'un vaste programme de réduction des coûts et de simplification de la ligne de produits d'Unilever, qui devrait passer de 1600 à 400 marques, supprimer 25 000 emplois et fermer une centaine d'usines. Facture totale: 5 milliards d'euros sur cinq ans. Reste que les résultats de ces mesures se sont déjà fait sentir sur les résultats du groupe au deuxième trimestre: le bénéfice net est en hausse de 7% à 768 millions d'euros (1,190 milliard de francs) pour un chiffre d'affaires de 10,9 milliards d'euros. Reste que sur le semestre, le bénéfice net a baissé de 4% à 1,23 milliard d'euros (1,9 milliard de francs). Hors éléments exceptionnels, il y a toutefois une hausse de 10% par rapport au premier semestre 1999.

Alors même que les grosses structures diversifiées sont nettement passées de mode, plusieurs analystes donnent raison au géant anglo-néerlandais: «La société a beaucoup de pain sur la planche si elle veut mener à bien sa stratégie et intégrer ses acquisitions, estime Andrew Pickup, gérant de fonds chez Gartmore Investment Management, interrogé par l'agence Bloomberg. La séparer en deux maintenant serait chose risquée.» Beaucoup d'investisseurs pensent qu'Unilever doit surtout se concentrer sur la digestion de son plus récent et plus important rachat, le groupe Bestfoods (propriétaire de Knorr), acquis pour quelque 40,8 milliards de francs.

La réduction des coûts entamée en mai a permis de faire croître les marges opérationnelles plus vite que les ventes. En Europe, elles ont grimpé au deuxième trimestre à 13,9% avant goodwill et charges exceptionnelles, contre 11,3% un an plus tôt à pareille époque. Aux Etats-Unis, la même marge atteint désormais 9,8%, alors qu'elle était de 9% au deuxième trimestre 1999. Pour les analystes, c'est un signe qui ne trompe pas: «Unilever se concentre sur ses marques phares, et consolide ses marges, ce qui est très sain», confiait ainsi à Bloomberg Andrew Saunders, de la banque HSBC à Londres.

Mais la croissance du groupe reste en retrait par rapport à ses rivaux, à l'exemple de Danone, dont le bénéfice semestriel a gagné 12,6%.