Au total, les créances – publiques ou privées – exigibles par toutes les institutions financières de la Grèce, de l’Espagne, de l’Irlande ou du Portugal atteignaient 2533 milliards de dollars fin 2009, à en croire les données publiées par la Banque des règlements internationaux (BRI).

Les banques françaises et allemandes apparaissent les plus menacées en cas de difficulté de financement dans ces pays. Fin 2009, les établissements de l’Hexagone détenaient pour 493 milliards de ­dollars de créances privées et publiques de ces pays, contre 465 milliards pour les institutions allemandes. Le détail par banques n’est toutefois pas disponible et les estimations réalisées à partir de leurs informations n’expliquent que partiellement ce chiffre.

Etonnamment, la dette publique ne constitue qu’une petite partie de cette somme. «Les créances publiques des pays en difficulté détenues par des banques de la zone euro ne se montent qu’à 254 milliards», soulève la BRI dans un rapport publié ce matin. Soit 16% de leurs positions dans ces Etats. Les établissements français et allemands sont les plus impliqués (avec 106 et 68 milliards).

Ces derniers sont aussi potentiellement plus en danger. D’après la BRI, l’exposition combinée des institutions françaises, allemandes et belges à la dette globale espagnole se monte à 12,1% de la partie la plus solide de leurs fonds propres (tier 1).

Les banques ne sont pas les seules concernées. Stratège de Bordier & Cie, Michel Juvet rappelle qu’une récente étude montre que les assurances et les fonds de pension se partagent une proportion presque équivalente – environ 20% – des dettes des quatre pays à la situation comptable la plus problématique. «Ceci n’est en rien un problème purement bancaire», pointe ce dernier.