A l'image des places boursières - plongeon de 5,69% à Wall Street -, l'euro a nettement reculé mercredi. Pour la première fois depuis avril 2003, la monnaie unique est retombée sous le seuil de 1,50 franc. L'euro est aussi repassé sous 1,30 dollar, son niveau de novembre 2006. Le renforcement des craintes d'une récession explique cet accès de faiblesse. UBS a annoncé hier que l'économie européenne devrait entrer «en récession quasiment au même moment que les Etats-Unis». La banque s'attend aussi à ce que le produit intérieur brut du Royaume-Uni recule de 1,4% en 2009, soit une des prévisions les plus pessimistes. La livre a d'ailleurs elle aussi reculé.

Exportateurs suisses pénalisés

Ces perspectives macroéconomiques n'ont pas été contredites par les résultats des sociétés publiés hier. Toutes ou presque ont révisé à la baisse leurs attentes pour la fin de l'année et 2009. Dans ces conditions, les marchés anticipent une baisse des taux d'intérêt par les banques centrales, pour stimuler la conjoncture. Ils comptent en revanche peu sur un soutien budgétaire. Mercredi, les Européens ont, pour l'heure, écarté tout plan de relance généralisé. La France doit annoncer des mesures ce jeudi.La force relative du franc profitera aux salariés suisses qui font leurs courses de l'autre côté de la frontière. Cependant, elle pèsera sur les industries d'exportations. En début de semaine, les statistiques des douanes avaient déjà relevé un tassement des échanges, à l'exception de l'horlogerie, en raison de la conjoncture internationale.