Un juge de Rome a donné mardi un délai de deux jours à Telecom Italia Sparkle et Fastweb, soupçonnées de fraude fiscale et de blanchiment, avant de se prononcer sur la requête du parquet de placer les deux sociétés sous tutelle, ont indiqué les avocats des entreprises.

Le juge a accordé ce délai aux deux sociétés de télécommunications afin qu’elles puissent apporter des pièces supplémentaires au dossier, ont indiqué les avocats à la presse à l’issue de l’audience.

Il décidera ensuite s’il accepte de mettre ces sociétés sous tutelle judiciaire, comme le réclame le parquet, ou s’il renvoie l’audience comme le demandent les deux entreprises.

Telecom Italia Sparkle, filiale de Telecom Italia, et Fastweb, détenu par l’opérateur suisse Swisscom, sont au centre d’une affaire de fraude fiscale et de blanchiment d’argent présumés.

Les deux sociétés sont accusées d’avoir facturé environ 2 milliards d’euros de services téléphoniques jamais effectués auprès de sociétés étrangères de complaisance, fraudant de cette manière le fisc pour un montant de 365 millions d’euros.

Elles ont plaidé leur innocence et estiment avoir été lésées dans cette affaire.

La justice a émis mardi dernier 56 mandats d’arrêt, notamment contre Silvio Scaglia, fondateur et ancien patron de Fastweb.

L’enquête a fait ressortir une implication présumée de la mafia calabraise, la ’Ndrangheta, à travers le sénateur de droite Nicola Di Girolamo et l’entrepreneur romain Gennaro Mokbel qui est soupçonné d’être le cerveau présumé de la fraude.

Silvio Scaglia, qui a été incarcéré à Rome dans la nuit de jeudi à vendredi, a été interrogé mardi et a clamé à nouveau son innocence.

Au cours de cet interrogatoire, cette figure de la «nouvelle économie» italienne qui est l’un des hommes les plus riches d’Italie, a exclu toute «responsabilité» personnelle et a assuré que Fastweb était «victime» dans cette affaire, a indiqué son avocat, Pier Maria Corso. L’homme d’affaires a par ailleurs affirmé qu’il n’avait jamais rencontré Gennaro Mokbel.