Risques

Menaces sur les petits courtiers en assurances

A la veille du 8e Forum des courtiers en assurances, Loïc Dubost, président de leur association faîtière, observe une tendance structurelle au regroupement des acteurs et au besoin des PME de sous-traiter des services aux courtiers

Le vieillissement de certains courtiers, la transformation de la gestion des risques et les nouvelles technologies provoquent de profonds changements au sein des courtiers en assurances. «Le nombre de petits cabinets de courtiers, composés de deux ou trois agents, va significativement diminuer ces prochaines années», prévoit Loïc Dubost, président de l’Association des courtiers en assurances (ACA), à la veille du 8e forum de la branche, qui se tiendra mercredi à Lausanne.

Pressions sur les marges

Sur les 14 400 agents d’assurances enregistrés à la Finma, 7000 sont des agents liés, c’est-à-dire des salariés d’un groupe d’assurances.

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Au total, le nombre de courtiers est à la hausse, selon un dossier de Schweizer Versicherung. De plus en plus d’agents quittent une assurance pour se mettre à leur compte ou rejoindre un courtier. L’assurance subit en effet des pressions sur les marges, si bien que les assureurs économisent sur les locaux, la formation et le marketing, observe le président de l’ACA.

Loïc Dubost constate aussi une multitude d’alliances dans la branche afin de «gérer un client dans sa globalité et lui offrir des services complémentaires». Au sein de ces derniers, on compte par exemple la gestion des sinistres, propre à l’assurance, ainsi que des «compétences appartenant aux ressources humaines qu’une PME cherche de plus en plus à externaliser, comme les salaires de l’entreprise et l’absentéisme», indique-t-il.

Swiss Risk & Care, à Genève, deuxième plus grand courtier suisse avec 45 millions de francs de chiffre d’affaires, illustre parfaitement cette tendance aux alliances, ainsi que Sorrel-IES, également à Genève, huitième courtier suisse avec 13 millions de francs. BCDT, dont Loïc Dubost est directeur, est également présent sur des lignes particulières de l’assurance, à l’image de l’art, de la cyberassurance et de la responsabilité civile de dirigeants.

Arrivée de groupes français

La tendance de groupes français à accroître leur présence en Suisse à travers des rachats se manifeste clairement, à l’image du rachat d’Optimum par Verspieren, le troisième courtier français, réalisé en 2014. L’Association des courtiers en assurances compte 55 membres sur un total de 350 entreprises recensées en Suisse romande, indique Loïc Dubost. D’ailleurs, un vent de jeunesse souffle depuis la dernière assemblée générale, avec l’arrivée de trois nouveaux jeunes membres au sein de son comité et tout le dynamisme que cela entraîne. Par ailleurs, les relations s’intensifient avec son pendant alémanique, la Swiss Insurance Brokers Association (SIBA), à Berne. L’objectif des deux associations consiste à offrir un gage de qualité et de bonnes pratiques ainsi qu’à améliorer la perception de la branche.

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