L'économie au Royaume-Uni va bien, et pour plusieurs centaines de milliers de ménages britanniques, c'est une mauvaise nouvelle. Face à la croissance robuste (2,8% en glissement annuel) et à l'accélération de l'inflation (2,4%), la Banque d'Angleterre a augmenté ses taux d'intérêt d'un quart de point hier pour la deuxième fois de l'année. Ceux-ci sont désormais à 5%, au plus haut depuis cinq ans.

Pour de nombreux ménages britanniques, cela signifie que le remboursement de leurs nombreux emprunts va être un peu plus difficile. La plupart des prêts étant à taux variables, chaque décision de la Banque d'Angleterre a pour eux une répercussion immédiate.

Deux fois plus que la moyenne européenne

La véritable explosion du nombre de faillites personnelles prouve que la situation est déjà tendue: elles sont en hausse de 55% sur un an. En huit ans, elles ont été multipliées par quatre.

«Un nombre croissant de gens s'enfonce de plus en plus profondément dans des dettes inextricables, souligne David Harker, directeur de Citizens Advice, une association d'aide financière et légale. Beaucoup de nos clients s'apprêtent à passer leur vie endettée. En moyenne, il leur faudrait 77ans pour rembourser à un taux auquel ils peuvent faire face.»

Le goût immodéré de la consommation à crédit est la principale raison de ce phénomène. Les Britanniques ont une dette de consommation de 7300 francs en moyenne, soit deux fois plus que la moyenne européenne.

Tant que le problème se limitait aux flambeurs et aux dépensiers, l'inquiétude restait limitée. Désormais, le phénomène s'étend aux ménages qui n'arrivent plus à rembourser leurs prêts immobiliers: Citizens Advice estime que 770000 Britanniques ont manqué au moins une échéance de remboursement lors des douzederniers mois. Avec des prix immobiliers qui ont triplé en dix ans, il est devenu de plus en plus difficile d'acheter un logement en Grande-Bretagne.

Résultat: il est courant de s'endetter sur trente ans et de prendre des risques financiers considérables en achetant sa maison. La moindre hausse des taux d'intérêts est donc particulièrement douloureuse.

De plus, avec les prix du pétrole qui restent élevés et le marché immobilier qui continue à progresser de presque 10% par an, l'inflation risque de continuer à progresser. «Il y a une vraie possibilité que la Banque d'Angleterre augmente à nouveau ses taux d'un quart de point au premier trimestre 2007», estime Howard Archer, chef économiste à Global Insight.