Plusieurs sites ont été passés au crible. Finalement, le groupe allemand Merck a choisi Aubonne (VD) pour y investir 150 millions d’euros (165 millions de francs). La société de biotechnologie prévoit d’y construire un nouveau bâtiment de 3400 mètres carrés, sur trois étages. Les laboratoires de contrôle seront opérationnels en 2021 mais il faudra attendre 2023 pour que deux nouvelles lignes de remplissage aseptique soient mises en service.

«Nous voulons augmenter notre capacité de production de médicaments existants et nous préparer au lancement de nouveaux traitements qui se trouvent actuellement dans notre portefeuille, a noté, jeudi, Thibaud Stoll, directeur des sites de production de biotechnologiques chez Merck au niveau mondial. Un tel investissement constitue une sécurité sur le front de l’emploi pour le site d’Aubonne qui compte actuellement 780 collaborateurs.» Le groupe a investi plus de 1 milliard de francs en Suisse ces dix dernières années.

«Avec ce dernier investissement, Merck renforce encore le positionnement fort du canton de Vaud dans la santé qui accueille 360 entreprises et 400 laboratoires. Cela représente 20 000 emplois», a rappelé, de son côté, le conseiller d’Etat Philippe Leuba.

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Traitements en immuno-oncologie

Le groupe allemand, qui possède 11 sites en Suisse et emploie 2300 personnes, prévoit d’installer deux lignes de production parfaitement stériles. Elles assureront le conditionnement des médicaments, à savoir le remplissage de seringues, cartouches et flacons. Actuellement, grâce à ses quatre lignes de production à Aubonne, 18 millions de flacons sont conditionnés chaque année et expédiés dans plus de 150 pays. Avec deux lignes supplémentaires, le groupe prévoit de monter à 27 millions de flacons mais n’articule pas de chiffres en matière de postes qui seront créés.

Parmi les traitements conditionnés à Aubonne, il y a toujours le Gonal-f pour le traitement de la fertilité. Le groupe voit des relais de croissance en immuno-oncologie, avec notamment le Bavencio. Il s’agit d’un anticorps utilisé pour traiter un carcinome en dermatologie. «Actuellement, ce traitement est prescrit lors de cancers de la peau mais il est testé pour d’autres indications. Nous nous attendons à une augmentation du volume des ventes, prévoit Thibaud Stoll. Nous voulons élargir son indication au cancer du rein, notamment.»

D’autres médicaments sont en développement, toujours en immuno-oncologie. Merck évoque notamment le traitement expérimental bintrafusp alfa, qui pourrait traiter plusieurs cancers.