Mercuria peut souffler. Après sept mois de travail, le rachat de certaines activités de JPMorgan par le groupe de négoce pétrolier genevois serait scellé depuis vendredi, selon des sources proches du dossier basées à Genève. L’information a été confirmée dans la soirée par Mercuria via un communiqué de presse.

Les détails financiers de la reprise n’ont pas été rendu publics, mais selon plusieurs médias américains, le portefeuille de 3,5 milliards de dollars d’actifs – principalement dans le domaine du pétrole et des métaux industriels – initialement mis en vente par la banque américaine a été révisé à la baisse et serait évalué aujour­d’hui à 800 millions.

Equipes renforcées

Cause de cette réduction: le périmètre de vente initial incluait notamment des accords entre la banque et différentes raffineries et ils ne font plus partie de la transaction. Quelques sociétés auraient refusé de rejoindre Mercuria, mais dans la majorité des cas, c’est le groupe genevois lui-même qui ne voyait pas d’intérêt à les intégrer, a-t-on appris.

Le rachat n’aura qu’un impact indirect sur les activités genevoises de la société. Les quelque 200 employés concernés par la transaction ne viendront pas travailler au bout du lac, mais iront s’installer principalement à Houston (Texas), Londres, Calgary, Greenwich (Connecticut) et Singapour. En revanche, les équipes «support» de Genève (finances, gestion des risques, infrastructures informatiques, etc.) ont été renforcées ces derniers mois, témoigne une source à l’interne.

Un tournant pour Mercuria

Plus globalement, l’étape marque un tournant dans l’histoire de la société genevoise fondée en 2004. Outre l’impact sur le nombre d’employés – qui passe de 1000 à 1200 environ – c’est le profil même de l’entreprise qui évolue. Avec cette reprise, le traditionnel négociant en pétrole ajoute ainsi une activité à son portefeuille en se tournant davantage vers les activités financières, tout en élargissant sa base de clientèle, notamment en Amérique du Nord et en Europe.