Merrill Lynch Investment Managers (MLIM) gère plus de 557 milliards de dollars à travers le monde et emploie 4200 personnes. Le groupe naît le 30 juin 2000 du rapprochement de Merrill Lynch Asset Management, de Mercury Asset Management (racheté fin 1997 par Merrill Lynch) ainsi que de Hotchkis & Wiley, une division de Mercury Asset Management basée à Los Angeles. La division suisse de MLIM, qui emploie treize personnes, se charge du marketing des fonds, ainsi que des relations avec les clients institutionnels dont les mandats sont gérés à partir de Londres, New York, Tokyo, Singapour et Sydney. Ses produits Mercury Selected Trust, au nombre de 38 en Suisse, sont domiciliés au Luxembourg. Entretien avec Thérèse Gerber, directrice de Merrill Lynch Investment Managers (MLIM) à Zurich et responsable de la création de cette branche en 1996.

Le Temps: Y a-t-il beaucoup

de concurrence parmi les banques étrangères dans la gestion institutionnelle pour entrer sur le marché suisse?

Thérèse Gerber: Oui, car il est difficile d'y entrer. Il faut des gens qui connaissent le marché et qui possèdent des relations. Je pense qu'il faut environ cinq à dix ans pour s'établir sur le marché suisse, sauf si l'on offre un produit très spécialisé et très recherché. Il faut également avoir un peu de chance. Mais si l'on a une gamme de produits standards, ce sont les relations personnelles et le professionnalisme qui font la différence.

– La gamme de produits de Merrill Lynch est standard, est-ce que vous pensez vous diversifier? Quels sont les produits à la mode?

– Les fonds sectoriels. Nous réfléchissons à en lancer prochainement. Je ne peux pas encore donner plus de détails car ils ne sont pas encore autorisés par la Commission fédérale des banques. Nous voudrions également nous diversifier dans les hedge funds et les produits alternatifs…

– En offrez-vous déjà?

– Oui, mais les fonds sectoriels sont quelque chose de nouveau pour nous.

– Pourquoi venir aussi tard sur ce marché (Fleming Asset Management, par exemple, était déjà en retard sur le marché suisse en lançant ses cinq fonds sectoriels début juillet de l'année dernière, ndlr)?

– Nous ne voulions pas créer de produits simplement pour suivre la mode. Ceux-ci doivent durer. L'euro est devenu un thème et ce n'est que maintenant que les gérants et les caisses de pensions en Europe commencent à avoir une stratégie d'allocation d'actifs par secteurs et un peu moins par régions. Cela ne m'étonne donc pas que Merrill Lynch se soit décidé en faveur des fonds sectoriels, maintenant qu'il y a une base solide d'acheteurs. Nous voulons des produits liquides avec un historique de performance stable, qui sont demandés par le marché et non pas par un groupe de gens innovateurs qui créent des vagues d'achat à court terme…

– Est-ce que vous comptez un jour gérer des mandats depuis la Suisse?

– Il n'y a pas de raison. Nous sommes souvent à Londres pour discuter avec les gérants des besoins de la clientèle suisse. Les produits ne sont pas meilleurs parce qu'ils sont gérés depuis ici… Je dis cela en tant que Suissesse! Il est important que les spécialistes discutent et travaillent en team, depuis n'importe où.

– Combien avez-vous d'avoirs sous gestion en Suisse?

– Nous ne le publions pas, car la majorité de nos fonds sont achetés via des tiers, donc nous ne savons pas qui les achète et qui les vend. Si un client institutionnel nous appelle directement, nous pouvons le savoir.

– Quelle est votre position sur le marché suisse?

– Nous nous situons parmi les trois plus grandes banques étrangères avec Fidelity et Deutsche Bank, mais cette position dépend de la clientèle dont on parle. En ce qui concerne la clientèle institutionnelle, les banques suisses sont en tête. Parmi les banques étrangères et du point de vue du nombre de mandats, c'est plutôt Deutsche Bank. C'est difficile à dire car il n'y a pas de statistiques officielles. Fidelity est présent en Suisse depuis vingt ans, donc je suppose qu'ils ont plus de mandats que nous. Notre but est de devenir numéro un dans tous les domaines. Merrill Lynch ne se satisfait pas d'être deuxième ou troisième.