Une assemblée générale de la Fédération des entreprises romandes (FER) entre les deux tours de l’élection au Conseil d’Etat genevois, c’est l’occasion de faire passer un message. Le président, Ivan Slatkine, n’a laissé aucune place à l’ambiguïté dans son allocution, mardi soir. Sans surprise, l’ancien élu PLR a appelé à voter «sans arrière-pensée» pour les trois candidats de l’Entente encore en lice (les PDC Serge Dal Busco et Luc Barthassat, et la PLR Nathalie Fontanet).

Le message de recentrage passé par le peuple lors du premier tour, très peu pour lui. Le canton a besoin d’une majorité claire, a-t-il souligné: «Retrouver comme certains l’espèrent au sein de l’exécutif les mêmes équilibres qu’au parlement, avec un magistrat ni de gauche ni de droite, qui pourrait à lui seul arbitrer tous les débats ou presque, serait une source de confusion, d’instabilité, d’incertitude.»

Relation glaciale

Précisons qu’il a prononcé ces mots devant le magistrat en question, Mauro Poggia, conseiller d’Etat invité à cette 90e assemblée générale. Le ministre MCG a été loué par Ivan Slatkine, qui juge qu’il partage «souvent les valeurs de l’économie, celle de la liberté et de la responsabilité». Mais il a également été morigéné par le président pour son manque d’écoute de certains membres de la FER, en particulier les représentants du secteur de la santé, avec lesquels le ministre genevois de la Santé a une relation glaciale. «C’est en faisant aussi confiance au milieu économique que notre Etat social pourra un peu souffler», a conclu Ivan Slatkine, incitant Mauro Poggia à plus d’ouverture.

Outre les élections genevoises, la FER s’est inquiétée de la prochaine réalisation du dossier de la réforme de la fiscalité des entreprises (PF17). On le sait, il tarde aux représentants de l’économie que PF17 soit bouclé afin que le taux auquel ils sont imposés soit connu rapidement. «Avec un résultat consolidé de plus de 9 milliards de francs en 2017, on peut penser que la Confédération a les moyens de mener à bien cette réforme, quitte à augmenter si nécessaire sa participation financière», a dit Ivan Slatkine.