Par gain de paix, la quasi-totalité des banques visitées par la Commission Volcker va accepter de passer sous les fourches caudines du juge Korman. Un magistrat new-yorkais aura donc quasiment atteint un des objectifs de Paul Volcker que la Commission fédérale des banques avait refusé d'entériner: rendre accessible une base de données de 4,1 millions de comptes, dont une immense partie sont vides ou ne concernent que des Suisses. S'ils se retrouvent sur une liste quelconque, les intéressés apprécieront la façon dont on protège leurs données personnelles…

Cela étant, les grandes banques n'ont pas atteint un des buts qu'elles s'étaient fixés: faire financièrement participer ceux qui vont bénéficier de l'accord global. Certes, elles ont payé 1,25 milliard de dollars sur un compte bloqué. Mais aujourd'hui, elles reviendraient à la charge sur le principe de cette participation. A ce propos, les positions de la BNS et de la Confédération n'auront pas évolué: c'est une fin de non-recevoir en bonne et due forme.

Du côté de leurs consœurs, elles risquent aussi de se faire des idées. Les autres banques ont déjà dû payer des centaines de millions pour financer les travaux de la Commission Volcker.

Elles vont renâcler, c'est le moins qu'on puisse dire, à rajouter au pot. D'autant plus qu'on leur demande encore de faire d'autres avances financières aux grandes banques pour régler la question de la publication d'une troisième liste et celle des bases de données. Du coup, c'est vers «l'économie en général» que les deux grands établissements vont tendre leur crousille. A Zurich, un de leurs avocats a laissé entendre qu'il serait bienvenu que ses représentants participent enfin au financement de l'accord global. Les entreprises pourront alors méditer l'exemple édifiant du juge Korman. Et réfléchir à ce que pourrait signifier pour elles le terme: «mesures de rétorsion».

P. Ct