Réserves monétaires

Métal jaune et billets verts font la fortune de la BNS

A fin septembre, le bénéfice de la Banque nationale atteint 28,5 milliards. L’or a généré une plus-value de 3,3 milliards de francs. Les gains de change se montent à presque 10 milliards, notamment grâce à d’importants achats de dollars

Métal jaune et billets verts font la fortune de la BNS

Réserves A fin septembre, le bénéfice de la Banque nationale a atteint 28,5 milliards

La plus-value tombe mal. Alors que l’UDC demande au peuple suisse de forcer la Banque nationale suisse (BNS) de détenir au moins l’équivalent de 20% de ses actifs en or – ce à quoi elle s’oppose –, l’institut monétaire ne peut que le concéder: ses lingots rapportent gros.

Sur les neuf premiers mois de 2014, ses 1040 tonnes d’or, dé­sormais comptabilisées à 37 395 francs le kilo, ont généré une plus-value de 3,3 milliards, a fait savoir la BNS vendredi. La valeur totale de ce stock équivaut ainsi à 38,89 milliards de francs. Soit 7,5% de son bilan. Presque trois fois moins que ce que les Suisses pourraient lui imposer, le 30 novembre.

Au total, le bénéfice atteint 28,5 milliards de francs à fin septembre. Surtout grâce aux 25,2 milliards de gains réalisés sur les positions en monnaies étrangères. Une quinzaine de milliards proviennent du produit des intérêts et des dividendes, ainsi que des plus-values sur ses actions et obligations.

14 milliards de dollars en plus

Les purs gains de change, eux, atteignent 9,7 milliards. «Les pertes en euros ont été plus que compensées par les gains dans les autres monnaies, notamment le dollar et la livre sterling», précise la banque centrale dans son communiqué. Mais, à y regarder dans le détail, la BNS n’a pas été aussi passive qu’elle ne le laisse paraître face aux variations sur le marché des changes.

Depuis le début de l’année elle a acheté 14 milliards de dollars, dont 7 au 3e trimestre. En 9 mois, elle ne s’est par contre délestée que de 3 milliards d’euros. Elle en avait racheté 2, entre début avril et fin juin. L’euro trébuchait alors de son niveau de 1,23 pour ne plus y revenir, tandis que se précisait un nouvel assouplissement de la politique monétaire en zone euro.

Désormais, le dollar, en nette hausse ces derniers mois, représente 28,9% des réserves de monnaies étrangères de la BNS, contre 25,8% un an auparavant. L’euro, lui, est encore majoritaire mais, avec un poids de 44,6%, il l’est un peu moins qu’à fin septembre 2013 (49%).

Au final, sous l’influence des achats, des réajustements de portefeuille et des gains de change, les devises étrangères de la BNS valent désormais 471 milliards de francs.

La BNS est pour l’heure en bonne position pour verser des dividendes aux cantons et à la Confédération, qui en ont été privés en 2013. Mais, comme de coutume, elle appelle à la prudence. Vu l’ampleur de son exposition dans les marchés, des variations (négatives) pourraient vite dégrader l’état comptable présenté vendredi.

L’an dernier à pareille époque, la perte comptable de la BNS s’élevait à 6,8 milliards. A fin décembre, elle s’était encore accentuée pour atteindre 9 milliards de francs.

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