L’élection de Donald Trump le 8 novembre dernier a donné un coup de fouet aux marchés des métaux industriels. Le président élu a réitéré sa promesse électorale de consacrer 1000 milliards de dollars à de grands travaux publics dans le pays. «Nous allons reconstruire nos autoroutes, nos ponts, nos tunnels, nos aéroports, nos écoles et nos hôpitaux, a-t-il déclaré le jour de son élection. Nous allons reconstruire nos infrastructures qui deviendront sans égales et nous donnerons du travail à des millions des gens.»

Dès lors, les prix ont flambé. Vendredi dernier, le plomb a atteint son plus haut niveau depuis plus d’un an, l’étain depuis 15 mois, le nickel depuis 16 mois, le zinc depuis cinq ans et le cuivre depuis un an. Un retournement spectaculaire par rapport au début de l’année, lorsque les cours des métaux avaient atteint leur niveau le plus bas depuis sept ans. Cette situation avait plongé les compagnies minières déjà endettées dans une grande détresse.

Hausse spectaculaire

En réalité, une légère hausse des prix des métaux était amorcée depuis fin octobre. Sur les deux dernières semaines du mois, les prix avaient gagné 26%. «Les marchés vont suivre attentivement comment la nouvelle administration américaine qui prendra ses fonctions à la fin janvier se mettra à préparer le prochain budget», a fait remarquer un analyste de Danksee Bank, cité par Bloomberg, au lendemain du discours de la victoire prononcé par le président élu. «Une chose est sûre, a affirmé un autre analyste. Donald Trump sera génial pour les investisseurs à court terme car chacune de ses déclarations pourrait causer de forts mouvements de marché.»

Lire aussi: «La déprime des prix devrait durer encore une bonne dizaine d’années»

La hausse a été tellement spectaculaire que les banques Goldman Sachs et Citigroup ont mis en garde contre un retour de manivelle et ont appelé à la prudence. «Il y a un potentiel de baisse de prix si les investisseurs spéculatifs choisissent d’engranger leurs profits», ont-elles prévenu. Ainsi en ce début de semaine, les cours des métaux industriels ont fléchi, tout en restant à des niveaux élevés. Les actions des compagnies minières ont suivi le même mouvement.

La Chine se redresse

La flambée n’est toutefois pas liée uniquement au plan de relance américain. En effet, l’économie chinoise a commencé à donner des signes concrets de reprise depuis un mois, ce qui signifie une hausse de la demande des métaux. A elle seule, la Chine représente 40% de la demande mondiale de cuivre et c’est elle qui influence les cours, davantage que les Etats-Unis.

Selon les autorités chinoises, les dernières données économiques montrent que la croissance du produit intérieur brut se situera à 6,7% en 2016, au-dessus de l’objectif de 6,5%. Le chiffre de la production industrielle devraient pour sa part progresser de 6% cette année.

«Nous verrons bientôt les deux plus grandes économies au monde engagées dans des programmes de relance en même temps, explique un analyste de la banque Morgan Stanley à l’agence Bloomberg. Elles seront en compétition pour les mêmes matières premières. Du jamais vu.»