Regardez le comportement des marchés financiers américains depuis l’élection présidentielle américaine: Donald Trump tweet à «tweet-tête» qu’il va relancer l’économie avec un programme de baisse d’impôts, et les indices boursiers américains, petites capitalisations domestiques en première ligne, s’envolent. Donald Trump «surtweet» sur America First, sur les dépenses d’infrastructures qu’il va mener, ou sur le nombre record d’emplois qu’il créera, et les rendements obligataires s’envolent.

Notons quand même, qu’avec un taux de chômage actuel à 4,7% et un nombre de personnes sans emploi estimé à 7,5 millions, cela ne va pas être facile. Si Donald Trump veut dépasser ses prédécesseurs Barack Obama ou Bill Clinton, qui ont respectivement créé 10,2 et 11,5 millions d’emplois dans leur deuxième mandat de 4 ans, cela signifierait que le taux de chômage tomberait à zéro et qu’il devrait faire appel à au moins 2 millions d’immigrés pour remplir les postes vacants! Trumperie?

En attendant, Donald Trump n’est pas encore en fonction, et les programmes budgétaires n’ont pas encore été votés, mais les marchés ont déjà presque anticipé la totalité des effets positifs de son possible programme économique. C’est normal, car c’est le rôle des marchés d’anticiper le futur. Mais attention, cela ne signifie pas que les marchés savent prévoir le futur… Attention à leur excès de confiance!

En Suisse, c’est l’inverse: le gouvernement helvétique annonce une réforme fiscale (RIE III), comparable à l’américaine, une vraie révolution puisque le taux d’imposition des entreprises diminuerait de moitié pour descendre vers les 12 à 13%. Pourtant, les marchés financiers helvétiques sont restés de marbre malgré les effets positifs possibles pour les investissements et les revenus et donc pour la croissance de l’économie domestique. Ici, on a les pieds sur terre, on préfère attendre le résultat des urnes sur le sujet plutôt que de se réjouir en anticipant. Et surtout ici, notre gouvernement ne sait pas tweeter comme Donald Trump… Dommage pour le SPI…

Mais au fait que fera notre BNS en cas d’acceptation du programme RIE III? Une telle relance fiscale ne compenserait-elle pas les effets négatifs d’un FS trop fort? Ne serait-ce donc pas l’occasion inattendue pour elle d’arrêter de dépenser des milliards sur les marchés et de normaliser les taux d’intérêt?

Oserais-je donc tweeter: «En Suisse on n’a pas de Trump-Coué, mais on doit profiter de la sérendipité.»