Cotée depuis deux mois au marché principal de la Bourse suisse, Métraux Services éprouve des difficultés à séduire les investisseurs. A 288 francs, son titre stagne en dessous du prix d'émission. La société manque encore de visibilité, raison pour laquelle le management n'a pas hésité à faire hier le déplacement de Lausanne à Zurich pour mieux se faire connaître des Alémaniques et présenter ses résultats semestriels.

Métraux Services est active d'une part dans l'assistance et l'approvisionnement en pièces détachées de garages et d'ateliers de réparation de voitures (division automotive); d'autre part, dans l'approvisionnement des entreprises en produits chimiques et dans le recyclage de déchets spéciaux (division industrie). La société vend également du mazout de chauffage et des carburants (division énergie). Toutefois, cette dernière activité devrait être cédée prochainement.

Nouveaux produits

Sur les six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires a progressé de 14,9% à 159,1 millions de francs. Olivier Métraux, directeur de la société, attribue cette croissance au développement du marché des voitures, à l'augmentation de la base de clients et à de nouveaux produits. Le bénéfice opérationnel a progressé de 20% à 10,1 millions de francs et le bénéfice net de 21,9% à 5,86 millions de francs. La marge opérationnelle (Ebit) du groupe est passée de 5,9% à 6,3%. Les deux divisions automotive et industrie ont dépassé les attentes du management (voir tableau). Par contre, la rentabilité du secteur énergie a souffert de la hausse du prix des carburants. Ce renchérissement a certes entraîné une progression du chiffre d'affaires (+34,5%) de la division énergie, mais a pesé sur son bénéfice opérationnel (-35,4%), contribuant à la dilution de la marge du groupe. «Sans cet élément, nous aurions atteint notre objectif de 6,9%», précise Olivier Métraux.

La société vaudoise n'approvisionne pas seulement ses clients, elle les assiste également. Elle a ainsi développé des logiciels de gestion destinés à faciliter le travail des garagistes qui doivent réparer de nombreuses marques de voitures. Selon une étude de la banque Pictet & Cie, la force de la compagnie réside dans son concept «approvisionner, assister, recycler» qui la démarque de la concurrence. En Suisse, Métraux se dit numéro un dans l'approvisionnement de pièces automobiles sur le marché libre, avec une part avoisinant les 30%. Ses principaux concurrents sont Derendinger et Hostettler. Dans l'approvisionnement de produits chimiques, la société vaudoise (20% du marché) talonne Schweizerhall (30-40%).

Pour le deuxième semestre, Olivier Métraux s'attend à une progression similaire du chiffre d'affaires et du bénéfice opérationnel. La société compte sur l'acquisition en juillet dernier de la filiale suisse d'Alpine Electronics pour atteindre de nouveaux clients. Celle-ci, spécialisée dans la fourniture d'appareils audio, de systèmes de navigation et de téléviseurs pour voitures, a réalisé un chiffre d'affaires de 7 millions de francs. Elle sera consolidée au deuxième semestre avec effet au 1er janvier 2000. Le jeune directeur entend également augmenter la rentabilité de l'entreprise en automatisant la vente des produits standards et en se focalisant sur des tâches à plus forte valeur ajoutée. «Les filtres, les plaquettes sont standards et le garagiste peut facilement les commander sur Internet, explique Olivier Métraux. Nous voulons donc nous concentrer sur des produits plus compliqués qui nécessitent une assistance spéciale.» Enfin, les marges devraient également progresser grâce à la cession programmée des activités énergie, dont la rentabilité est beaucoup plus faible.

L'an dernier, la société vaudoise a réalisé un chiffre d'affaires de 298 millions de francs et un bénéfice de 10,3 millions. A moyen terme - deux à cinq ans -, Olivier Métraux prévoit une croissance de 7 à 7,5% du chiffre d'affaires et de 8 à 9% du bénéfice opérationnel (Ebit).