Le Prix Nobel de médecine a été décerné lundi à Paul Lauterbur et Peter Mansfield, dont les recherches ont abouti au développement de l'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM). Celle-ci est devenue indispensable dans le diagnostic médical: l'an dernier, 22 000 scanners ont réalisé 60 millions d'examens dans le monde (LT du 7 octobre).

Ces appareils ne fonctionnent correctement que si leur champ magnétique est absolument homogène. Et c'est ici qu'intervient une petite société genevoise, Metrolab, leader mondial dans la fabrication de magnétomètres RMN, qui mesurent très exactement cette homogénéité. Ils se composent d'un boîtier électronique et d'une sonde en forme de demi-lune qui, par rotation, teste des centaines de points dans une sphère d'environ 50 centimètres de diamètre. La précision équivaut à peser une masse d'une tonne au centième de gramme près. Metrolab a été créée en 1985 par un ingénieur, Pascal Sommer, un physicien, Claude Reymond, et un spécialiste en gestion de la production, Claude Marmaroli. Le capital de départ, 100 000 francs, a été fourni par les fondateurs et quelques amis. Son chiffre d'affaires 2002 s'est monté à 3,8 millions de francs, pour un bénéfice net d'environ 200 000 francs.

«Nous sommes une toute petite société qui travaille avec des très grands», résume Pascal Sommer. Les clients de Metrolab sont en effet des géants comme Philips, Toshiba, General Electric ou Oxford Magnet Technology, premier fabricant mondial d'aimants destinés aux équipements IRM. Le marché des magnétomètres fabriqués par Metrolab est étroit: 50 à 100 par année et dans le monde. Un tiers environ est vendu à des laboratoires comme le CERN, mais le principal débouché est bien sûr l'imagerie médicale. Son développement aux Etats-Unis a été freiné il y a dix ans quand l'administration Clinton a limité le nombre d'appareils IRM. Mauvais calcul: le diagnostic précoce rendu possible par cette technologie permet en fait d'économiser sur le coût des traitements.

Une société de niche

Toujours est-il que Metrolab a vu ses ventes chuter de moitié en 1993 avant de rebondir. Elle reste une société de niche employant huit personnes actuellement, sous-traitant une partie de ses activités. L'importante marge brute réalisée sur la vente de magnétomètres permet de consacrer une part importante du budget à la recherche et au développement. Les produits de l'entreprise ne sont pas protégés par des brevets, ce qui serait compliqué et coûteux vu leur diffusion mondiale. La meilleure protection contre d'éventuels imitateurs reste une mise à jour constante, indispensable dans un domaine où la performance technique ne cesse de s'améliorer.