Le Mexique a fait un pas, lundi, vers la nationalisation de son lithium, métal essentiel à la fabrication des batteries électriques qui doivent remplacer les moteurs thermiques automobiles pour lutter contre le réchauffement climatique. Il fait partie du patrimoine du Mexique, ce qui exclut toutes nouvelles concessions à des entreprises privées, selon une réforme de la loi minière adoptée par les députés de la majorité du président de gauche, Andres Manuel Lopez Obrador.

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Approuvée par 298 voix sur 500 députés au total, la loi doit encore être votée au Sénat, où le parti au pouvoir Morena dispose également de la majorité.

La loi sur le lithium a été adoptée à la majorité simple, alors que la réforme de la Constitution nécessitait une majorité des deux-tiers dont ne dispose pas le président mexicain parmi les députés.

D’importantes réserves de lithium

Transmise la veille à la Chambre, la loi a été adoptée en une journée de débat, après le rejet dimanche d’une réforme de la Constitution visant à renforcer le rôle de l’Etat sur le marché de l’électricité. Ce projet de réforme du marché de l’électricité inquiétait les Etats-Unis qui avaient mis en garde contre des «litiges sans fin» dans le cadre du traité de libre-échange Mexique-Etats-Unis-Canada.

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Le président Lopez Obrador a estimé que les députés d’opposition qui ont voté contre sa réforme avaient commis un «acte de trahison du Mexique».

Le Mexique disposerait d’importantes réserves dans l’Etat de Sonora (nord), avait rapporté en 2019 le site spécialisé Mining Technology. Les projets sont pour l’instant en phase exploratoire. Les gouvernements antérieurs avaient accordé huit concessions, qui resteront en vigueur.