Meyer Burger fera ses premiers pas à la Bourse suisse le 23 novembre. L'offre publique débutera le 13 novembre et se terminera un jour avant la première cotation. Il s'agira de la sixième IPO de l'année en Suisse, après Burckhardt Compression (machines), Medisize (technologie médicale), Bioxell (biotechnologie), Partners Group (gestion alternative) et Santhera (biotechnologie). Le record de dix entrées en Bourse en 2005 ne sera très certainement pas égalé cette année. Mais l'IPO prochaine de Petroplus et la potentielle cotation de la biotech bâloise Mondobiotech avant 2007 marquent une nette accélération de ce type d'opérations en Suisse au second semestre.

De son côté, Meyer Burger, fabricant zougois de machines de découpe des cellules photovoltaïques, des semi-conducteurs (plaques de silicium, appelées aussi «Wafer»), pour les industries optique et de la céramique, a annoncé vendredi dans un communiqué le placement dans le public de 2,07 millions d'actions. Le prix du titre varie entre 33 et 39 francs. Ainsi, la capitalisation boursière atteindra entre 98 et 115 millions. Le nombre d'actions proposées au public se divise de la manière suivante: 900000 titres nominatifs seront émis par la firme à un prix de 50 centimes l'unité. Meyer Burger devrait ainsi récolter directement entre 29,7 et 35,1 millions de francs. Le même nombre sera mis en Bourse par BB-Kapitalbeteiligungsgesellschaft (BBK), société berlinoise de participation qui est actionnaire majoritaire de Meyer Burger. En cas de forte demande, une option de surallocation («greenshoe») est prévue: 270000 titres supplémentaires seront mis en vente. Après l'IPO, BBK et le management resteront actionnaires à hauteur respective de 21% et de 10%.

Energie solaire prometteuse

Grâce à cette entrée en Bourse, la compagnie qui fabriquait à ses débuts en 1953 des machines destinées à l'industrie horlogère compte profiter de l'engouement actuel pour les énergies renouvelables. La production d'électricité via l'énergie solaire constitue un débouché important pour la firme bernoise. Ce secteur d'activité, qui croit en moyenne de 25% par an, représente près de trois quarts des ventes totales de Meyer Burger. La firme bernoise, qui emploie 279 collaborateurs entre ses sites à Steffisburg (BE), en Chine (21 employés) et au Japon (2 employés), voit son potentiel de croissance principalement dans deux régions. «L'Europe et l'Asie sont nos deux marchés clés. Nous avons différents projets en Italie, en Espagne et en Allemagne, pays dans lequel l'énergie solaire est soutenue par le gouvernement», souligne Peter Pauli, patron de Meyer Burger.

Le chiffre d'affaires, qui s'élevait à 59 millions de francs en 2005, progresse en moyenne de 10 à 15% par an. Dans ce contexte, l'IPO de Meyer Burger répond à divers objectifs. «Nous devons tout d'abord financer notre croissance organique. Nous devons aussi réaliser des acquisitions afin de participer au mouvement de consolidation du secteur. Enfin, il s'agit d'atteindre une taille critique, autrement dit réaliser entre 100 et 200 millions de chiffre d'affaires», conclut Peter Pauli.