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Michel Danthe: «Je n’exclus pas que des voix se fassent connaître pour reprendre L'Hebdo»

Le représentant de la société des rédacteurs et des personnels de la newsroom Ringier Axel Springer réagit à l’annonce de la disparition de «L’Hebdo» et aux 37 suppressions d’emploi annoncées par la direction lundi matin

Le Temps: Quelles ont été les réactions des employés à l’annonce faite lundi matin par votre direction?

Michel Danthe: A l’annonce de la suppression annoncée de «L’Hebdo» et de la restructuration massive du «Temps», tout le personnel de Ringier Axel Springer à Lausanne a été choqué. Il ne s’attendait en effet pas à ce qu’on envisage la disparition de «L’Hebdo», ce magazine qui depuis 35 ans contribue à la formation de l’opinion en Suisse et en Suisse romande. Il ne s’attendait pas non plus à ce que «Le Temps» soit soumis une fois de plus à une aussi massive restructuration.

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– Pourquoi «une fois de plus»?

– Le personnel du «Temps» a déjà connu deux restructurations ces cinq dernières années. Il s’inquiète donc d’autant plus de cette nouvelle saignée qui met en péril l’ADN du titre.

– La direction de Ringier Axel Springer n’a-t-elle pas mesuré les risques encourus par la fermeture de «L’Hebdo» et la restructuration du «Temps»?

– En ce qui concerne «L’Hebdo», il nous semble qu’il aurait été logique de laisser à l’équipe rédactionnelle la possibilité de trouver un financement alternatif. Je n’exclus pas qu’à l’annonce de la disparition annoncée de «L’Hebdo», des voix fassent connaître leur intérêt pour la survie du titre. La société des personnels de Ringier Axel Springer suisse romande encourage une telle voie. En ce qui concerne «Le Temps», nous attendons aujourd’hui que l’encadrement et la direction nous disent dans quels domaines précisément elles comptent mettre l’accent et investir. On nous répète que «l’on ne pourra plus tout faire ni faire la même chose qu’aujourd’hui». Nous attendons des directions précises et une discussion à ce propos.

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– Quel est le risque sinon?

– «Le Temps» fait partie de la catégorie enviée des «quality papers», les journaux de qualité et de référence. Or, qui dit qualité et référence dit postes de travail et compétences spécifiques, deux éléments indispensables pour soutenir cette qualité. Nous craignons qu’à force de sabrer dans les effectifs, la qualité ne soit finalement plus au rendez-vous.

– La SRP est-elle satisfaite du plan social que la direction a dit vouloir mettre en place?

– On parle ici du plan social Ringier qui fut négocié en 2012, avant même que Ringier Romandie n’imagine voir un jour «Le Temps» dans son giron. Ce plan social est un préalable satisfaisant mais qui sur certains points précis n’est pas à l’avantage de tous les employés qui ne bénéficient pas d’une certaine ancienneté. Nous songeons ici aux employés qui viennent du «Temps» et à ceux qui ont rejoint Ringier depuis moins de 10 ans. Une large partie des négociations à venir portera sur ces points.

– Que demande concrètement la SRP à l’éditeur?

– Pour l’heure, d’ouvrir au plus vite les négociations de manière à ce que nous puissions défendre au mieux les intérêts des deux titres, des employés qui les font et des lecteurs et lectrices pour qui «L’Hebdo» et «Le Temps» sont des références indispensables.

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