La valse du luxe s'accompagne souvent de celle des hommes. Si l'information ne trouve pour l'heure encore aucune confirmation autorisée et officielle du côté du Swatch Group, différentes sources font état de la prochaine intronisation de Michele Sofisti à la présidence de l'emblématique marque Swatch. Il réintégrerait ainsi le giron du groupe après un intermède d'une année et demie passée chez Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH) à la présidence et direction générale de l'horloger/joaillier Fred, l'une des sociétés du groupe de luxe.

La validation de cette nomination, outre le prestige lié au pilotage de la marque symbole du groupe, paraît ne pas être dénuée de conséquences connexes: la nomination de Michele Sofisti, dans ce cas de figure, l'amènerait à remplacer l'actuel boss de Swatch, qui n'est autre que Nick Hayek Junior.

Les mêmes sources évoquent, naturellement, la montée en puissance programmée du «fils de son père».

Ancien dirigeant d'Omega

Ce ne serait au fond qu'obéir à la pure logique. Après avoir fait ses armes au sein de l'une des marques stratégiques de l'entité, après avoir contribué à lui donner un profil high-tech très prononcé ouvert sur les technologies de demain, après avoir d'une certaine manière fait évoluer la montre de plastique vers de nouveaux horizons, les observateurs s'attendent à l'élargissement des responsabilités opérationnelles de Nick Hayek Junior au sein du groupe.

Les mouvements internes à venir, à cet égard, esquissent sans précipitation la prévisible recomposition future de la tête du Swatch Group.

Le statut formel de Nick Hayek Junior ne paraît cependant pas encore aujourd'hui défini.

Quant à Michele Sofisti, dont l'arrivée à la tête de Swatch est évoquée pour les derniers mois de l'année, il ne pose pas pied en terre inconnue. La quarantaine à peine dépassée, l'homme avait dirigé l'une des autres marques phares du groupe, Omega, quatre années durant jusqu'à son départ chez LVMH en 1999.

Originaire de Bormio, docteur en géologie, Michele Sofisti a exercé sa profession pendant six ans avant de rejoindre le département marketing-ventes de Ferrari, en 1988. Il accède en 1990 à la direction générale de Ferrari pour l'Allemagne, puis assume des responsabilités supplémentaires avec la responsabilité des marchés américain, italien et suisse de la marque au cheval cabré.

Il rejoint l'ex-SMH en 1995 en rentrant chez Omega, pour accéder à la présidence de la direction générale de la marque moins de deux ans plus tard. Il devient en parallèle membre du comité de direction élargi du groupe, responsable des filiales allemande, japonaise et coréenne.

L'ère Sofisti s'est traduite, pour Omega, par une croissance rapide et significative du chiffre d'affaires: il a crû de 70% entre 1995 et 1998 alors que le résultat d'exploitation progressait de plus de 130% durant la même période.