Gestion

La microfinance devrait croître de 10 à 15 % l'année prochaine

Selon un rapport auprès d'experts effectué par ResponsAbility, de grandes disparités apparaîtront entre les régions, avec une vive croissance en Asie. L'innovation technologique soutient l'expansion

«La croissance de la microfinance devrait se poursuivre et s’élever à 10-15% en 2016, contre 12% en 2015», a indiqué lundi à la presse, à Zurich, Rochus Mommartz, directeur de ResponsAbility. Le groupe zurichois, investisseur servant au développement, se dit responsable de 18% de tous les investissements privés en microfinance dans le monde. Cette branche de la finance consiste à mettre des services financiers à disposition auprès de personnes à revenu modeste mais régulier, provenant souvent d’une activité indépendante, qui ne peuvent pas fournir les garanties nécessaires pour obtenir un crédit bancaire. La microfinance privée est un marché de 10 milliards de dollars.

Le rapport présenté lundi, qui en est à sa sixième édition, a interrogé 36 experts d’agences de notations, d’instituts de microfinance (IMF), des investisseurs et conseillers. 40% estiment que «le contexte de réglementation saine et prudente est un catalyseur du développement de la branche». En outre 71% pensent que la technologie est «très importante pour le développement de la microfinance». Il permet d’accéder à des micro-entrepreneurs dans des zones isolées et de mettre en place des outils puissants d’évaluation des risques. «L’argent mobile et la banque sans guichet permettent à la microfinance de sauter les étapes», selon le directeur de ResponsAbility. Outre l’accès au crédit, «l’élargissement de la gamme de services» est une autre tendance majeure, par exemple la possibilité de placer des dépôts, obtenir des assurances ou louer des locaux», selon le rapport.

La région Caucase-Asie centrale à la peine

Selon le rapport, la croissance de la microfinance sera très différente selon les régions. La progression devrait s’élever à 30% en Asie-Pacifique, sous l’impulsion du Cambodge et de l’Inde, et à 15-20% en Afrique sub-saharienne. Mais le Caucase et l’Asie centrale souffriront de la stagnation de l’économie russe et la microfinance n’y progressera que de 0-10%. Elle sera également inférieure à la moyenne en Amérique latine (5-10%) et en Europe de l’est (10%), dans la moyenne au Proche-Orient et en Afrique du Nord (10-15%).

A la suite de la progression du secteur financier dans certains marchés, les IMF ont de plus en plus accès à du financement par des banques locales et à des dépôts d’épargne. Selon le rapport, la moitié des experts estime cependant que les véhicules d’investissement en microfinance
gagneront encore en importance au cours des trois années à venir.

Au sein des tendances à cinq ans, les experts citent la transition vers des marchés matures, les projets technologiques et la transformation d’IMF en véritables banques.

Publicité