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Les microscopes novateurs de Nanolive prêts à être commercialisés

La start-up lausannoise vise un chiffre d’affaires de 200 millions de francs d’ici à 5 ans.

Des microscopes novateurs prêts à être commercialisés

Optique La start-up Nanolive vise un chiffre d’affaires de 200 millions de francs d’ici à 2020

La start-up lausannoise Nanolive développe des microscopes innovants qui seront commercialisés dès cet été. «Nos appareils sont capables d’observer ce qui se passe à l’intérieur d’une cellule avec une résolution de 70 nanomètres. Nous franchissons ainsi la limite théorique en matière de résolution, établie à 250 nanomètres», explique avec enthousiasme Yann Cotte, directeur et cofondateur de la société, aux côtés de Sebastien Equis et Christian Depeursinge. «L’échantillon à analyser ne nécessite aucune préparation préalable par le biologiste. Jusqu’à présent, il n’était pas possible d’observer, avec une telle résolution, une cellule vivante sans l’endommager.»

Cinquante précommandes

Le défi de Nanolive a été de donner du contraste à la cellule qui est un élément transparent, sans y ajouter d’éléments chimiques. L’équipe de cette société créée en 2013 et basée sur l’Innovation Park de l’EPFL, a développé un microscope reposant sur deux technologies, l’une dite de balayage et l’autre reposant sur l’holographie.

L’holographie mesure quantitativement l’indice de réfraction, une propriété physique liée à tout élément transparent, alors qu’un bras tournant autour de l’échantillon à analyser permet de l’éclairer avec un faisceau lumineux. L’information tomographique est ainsi créée. «Pour une immersion dans la cellule, nous avons développé un logiciel intuitif qui est désormais gratuitement téléchargeable sur notre page web», précise Yann Cotte.

La quatrième génération de prototype est terminée. «Nous avons déjà enregistré 50 précommandes, partiellement prépayées. Au bout de deux mois nous avons déjà atteint 25% des commandes que nous espérions pour la première année», souligne Yann Cotte.

Produit en France, l’appareil sera vendu au prix d’environ 20 000 francs. En douze mois, l’équipe de Nanolive espère en commercialiser plusieurs centaines. D’ici à cinq ans, la start-up vise un chiffre d’affaires de 200 millions de francs. «Nous pouvons observer en direct la réaction d’une cellule lorsqu’elle est soumise à n’importe quel stimulus, explique Yann Cotte. Cela ouvre des perspectives inédites, comme l’étude des effets de substances pharmaceutiques à l’échelle d’une cellule individuelle.»

Innovation de rupture

Nanolive cible aussi bien la pharma, la biotech que la medtech ou l’industrie cosmétique. «Mais également les écoles, les universités et tous les centres de recherche», précise le directeur de Nanolive qui cite l’exemple, d’une fécondation in vitro (FIV): «Notre appareil permettra de donner une meilleure base pour mesurer le plus précisément possible les propriétés des cellules afin de mieux les sélectionner et d’accroître le taux de succès d’une FIV.»

La start-up, qui compte actuellement huit collaborateurs, a levé 2,8 millions de francs, grâce à une campagne de crowdfunding (financement participatif). «Nous avons sélectionné 30 investisseurs», précise le jeune entrepreneur qui espère désormais lever 8 millions de francs supplémentaires afin d’augmenter les chances de positionnement sur le marché mondial et de financer de futurs développements.

Sélectionnée pour son innovation dite de rupture, Nanolive se présentera aujourd’hui à Lausanne, dans le cadre de l’Innovation Forum, un réseau mondial de chercheurs et d’entrepreneurs.

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