Microsoft parviendra-t-il à faire taire toute opposition à coups de millions de dollars? A entendre les propos de Brad Smith, son directeur juridique, la fin des démêlés en justice de l'éditeur de logiciels serait proche. Selon lui, la Commission européenne n'a simplement plus aucune raison de le poursuivre.

Comment en est-on arrivé là? Grâce à plus de 2 milliards de dollars dépensés dans le cadre d'accords extrajudiciaires. Lundi, Novell recevait 536 millions de dollars pour l'abandon de poursuites, tant aux Etats-Unis qu'en Europe, portant sur des pratiques supposées anticoncurrentielles de Microsoft. Pour retirer ses plaintes, AOL-Time Warner avait reçu en 2003 750 millions, Sun Microsystems 700 millions, et plusieurs Etats américains quelques dizaines de millions. Mieux encore, la firme de Bill Gates a obtenu l'abandon de poursuites de la part de la CCIA (Computer and Communication Industry Association) pour un montant non révélé. Cerise sur le gâteau, Microsoft est devenu membre de cette association, ce qui a poussé Nokia à la quitter immédiatement.

Des adversaires tenaces

Si Microsoft se montre aujourd'hui si optimiste, c'est qu'il ne lui reste plus qu'un adversaire de taille: RealNetworks, éditeur du logiciel de visionnement de vidéos Real. Il accuse la firme de Bill Gates de le discriminer en livrant son Media Player avec toutes les versions de Windows. Pour cette raison, la Commission européenne avait condamné en mars Microsoft à séparer les deux logiciels, et lui avait infligé une amende de 497 millions d'euros. Le nombre d'adversaires de Microsoft se réduit, mais ils sont tenaces. Tant RealNetworks que la Commission européenne ont annoncé que l'accord avec Novell ne changerait rien. Bruxelles affirme en effet travailler dans l'intérêt des consommateurs, et n'a pas besoin de plaintes de parties tierces pour poursuivre Microsoft.