Le marché de l'automobile en Europe se porte mal. Les producteurs souffrent de surcapacité: alors que les consommateurs européens ont besoin de 20 millions de voitures par année, les producteurs ont la capacité d'en mettre cinq millions de plus sur le marché. Selon un responsable de la société de conseil Autopolis cité par Bloomberg, les usines de Volkswagen, de Peugeot Citroën et de General Motors, les trois plus grands producteurs automobiles en Europe, ont travaillé respectivement à 92%, 76% et 74% de leur capacité l'année passée. Les observateurs du marché les plus optimistes, dont Franziska Liebich, analyste à la banque Hofmann, prévoient au mieux une stagnation des ventes automobiles en 2001.

Selon les analystes, les producteurs automobiles américains continueront de souffrir en Europe. General Motors et Ford, notamment, devront se battre contre des concurrents qui amènent de nouveaux produits sur le marché ainsi que des versions avancées de moteurs diesel. «Ford a souffert du ralentissement de l'économie américaine, qui a été plus rapide que prévu», note Franziska Liebich. Le groupe a également perdu des parts de marché en Europe en raison du manque de succès de ses modèles. «Le style des voitures a beaucoup d'importance pour les Européens», explique l'analyste, Or, contrairement à certaines marques allemandes, les modèles Ford sont très fonctionnels et manquent de prestige. «On peut acheter une jolie voiture européenne pour le même prix», résume l'analyste.

La part de marché de Ford en Europe a diminué de 11,7% en 1999 à 10,8% en 2000. Le constat est le même pour General Motors, dont la part de marché a baissé au cours de la même période de 11,5% à 10,8%. Entre-temps, celle de Toyota a légèrement augmenté de 3,2% à 3,7%.

De son côté, le groupe germano-américain DaimlerChrysler, également en proie à des difficultés, a annoncé en début de semaine la réduction d'un cinquième de sa force de travail aux Etats-Unis, soit environ 25 000 postes de travail. Les producteurs américains «se sont détournés de l'Europe», remarque Karl Ludvigsen, un consultant automobile basé à Londres cité par Bloomberg. «Ils essaient de réparer leurs erreurs de stratégie tout en faisant face à une concurrence accrue. Le marché européen n'est plus aussi facile qu'avant.»