Le groupe de luxe Richemont, basé à Genève, a vu ses ventes progresser de 14% à 1,739 milliard d'euros pour les six premiers mois de son exercice 2004/2005 qui se terminera au 31 mars 2005. Le résultat net a augmenté de 42% à 411 millions d'euros tandis que le résultat opérationnel a bondi de 157% à 208 millions d'euros, soit une marge opérationnelle de 12%. Dans la ligne ou supérieurs aux attentes des analystes, ces résultats sont toutefois comparés à un premier semestre 2003/2004 particulièrement mauvais pour Richemont. Contrairement à l'an dernier, le secteur luxe (+ 154% à 174 millions d'euros) a contribué davantage au redressement du résultat opérationnel que la participation (18,7% actuellement) du groupe dans British American Tobacco BAT (+ 8% à 238 millions).

Responsable des finances du groupe, Richard Lepeu déclare au Temps que «le groupe avait fait face au trou d'air de l'an dernier alors qu'il était en pleine phase d'investissements (ndlr: essentiellement axés sur l'outil de production). Nous avons aujourd'hui tous les outils en main, la phase des gros investissements touche à sa fin, et la discipline commence à porter ses fruits. Les dépenses administratives n'ont crû que de 3%, alors que les ventes augmentaient de 14%. Nous devons rester vigilants, mais nous sommes très confiants.»

Une progression de 20%

Président exécutif de Richemont, Johann Rupert se félicite en particulier du redressement de Cartier, la marque-phare du groupe et la plus profitable, envers laquelle il avait eu des propos peu amènes il y a deux ans: «Les nouveaux lancements de produits et l'offre plus large ont permis d'améliorer à la fois les ventes et la profitabilité.» Le pôle joaillerie du groupe (Cartier et Van Cleef & Arpels) a enregistré un résultat semestriel en hausse de 11% à 922 millions d'euros pour un résultat opérationnel de 215 millions (+ 39%).

Salués également par Johann Rupert, les résultats des trois marques acquises en 2000 – Jaeger-LeCoultre, IWC et A. Lange & Söhne – «qui font désormais des progrès significatifs dans des marchés importants où elles étaient auparavant sous-représentées». En compagnie de Piaget, ces marques ont affiché une progression de quelque 20% durant la période sous revue. La branche horlogère du groupe (Jaeger-LeCoultre, IWC, A. Lange & Söhne, Piaget, Vacheron Constantin, Panerai et Baume & Mercier) a particulièrement bien progressé durant le premier semestre de l'exercice avec des ventes en augmentation de 18% à 431 millions d'euros et un résultat opérationnel en hausse de 87% à 73 millions.

Les six premiers mois ont été marqués par le remboursement d'actions BAT préférentielles pour 828 millions d'euros. Une rentrée exceptionnelle qui a permis au groupe d'effacer sa dette et de disposer de 203 millions de cash au 30 septembre 2004. Selon Richard Lepeu, une acquisition «n'est cependant pas à l'ordre du jour». Pas plus que la cession éventuelle de Baume & Mercier, que le responsable financier dément catégoriquement: «Baume & Mercier est une marque de luxe d'entrée de gamme pour Richemont qui joue un rôle important pour nos distributeurs.» Est-elle profitable? «Nous n'aimons pas les marques qui perdent de l'argent», conclut Richard Lepeu.