Sur le site internet d'Enoteca Vinarte, il n'est fait nulle part mention de Migros bien que la boutique soit une filiale de Migros Ticino, révèle la NZZ am Sonntag. La société possède quatre filiales situées à l'intérieur ou à proximité immédiate d'une centrale Migros. Et ses bouteilles sont distribuées par l'épicerie en ligne Smood, qui appartient au géant orange.

La vente de vins et spiritueux est interdite par les statuts du distributeur, mais cette limitation est un handicap majeur face à la concurrence, d'autant que les ventes d'alcool se sont accélérées durant la pandémie. 

Le fait qu'une coopérative régionale Migros gère sa propre boutique de vins est une première, indique le journal dominical. «Nous respectons les statuts», répond le porte-parole à l'hebdomadaire. Les solutions permettant d'augmenter le chiffre d'affaires par la vente d'alcool sont toutefois de plus en plus innovantes.

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En 1997, le groupe avait par exemple racheté les magasins Globus, lesquels vendent vins et spiritueux. En 2007, la société créée par Gottlieb Duttweiler avait aussi acquis le discounter Denner, l'un des premiers distributeurs de vins du pays.

Les avantages d'internet

A l'âge numérique, les solutions se multiplient. Le nouveau portail Migros.ch devrait faciliter la vente d'alcool. Les visiteurs du site seront re-dirigés vers le site de Denner, a par exemple déclaré à Bilanz Fabrice Zumbrunnen, le directeur de Migros. Les statuts sont respectés, mais l'interdiction est de moins en moins stricte. Dans le cas tessinois, selon la NZZ am Sonntag, c'est la dissimulation du propriétaire au consommateur qui déplaît aux initiés. 

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Le premier juillet dernier, le viticulteur Thierry Grosjean a par ailleurs repris la présidence de Migros Neuchâtel-Fribourg, après l'affaire Piller. Or Grosjean vend ses vins Château d'Auvernier à Coop sur tout le territoire suisse, en vertu d'un partenariat qui existe depuis 60 ans, indique le journal zurichois. «Tout est transparent», déclare le viticulteur. 

L'idée d'un changement de statuts fait fréquemment débat au sein du groupe. Mais il semble que les Alémaniques y soient moins ouverts que les Romands, commente l'hebdomadaire.